15 juillet 2008 Hannibal Kadhafi et son épouse, Aline, alors enceinte, sont arrêtés à Genève. Le couple est inculpé de lésions corporelles simples, menaces et contraintes envers deux domestiques. Ils quitteront la Suisse deux jours plus tard après le dépôt d’une caution de 500 000 francs.

19 juillet 2008 Deux hommes d’affaires suisses, Max Göldi et Rachid Hamdani, sont arrêtés à Tripoli, emprisonnés, et accusés de séjourner illégalement en Libye. Tripoli gèle les relations économiques avec la Suisse.

26 juillet 2008 La Libye exige des excuses et l’abandon des poursuites contre le couple Kadhafi. Trois jours plus tard, les deux Suisses sont libérés sous caution mais empêchés de quitter la Libye.

2 septembre 2008 Les deux domestiques abandonnent leurs poursuites et le procureur genevois Daniel Zappelli classe l’affaire.

Automne 2008 La Suisse a écarté la demande libyenne de saisir un tribunal arbitral, une voie jugée lourde et hasardeuse pour l’ordre juridique suisse. Deux experts, un Suisse et un Libyen, reconstituent les faits litigieux et tirent, séparément, des conclusions antagonistes. Le Suisse Lucius Caflisch juge l’intervention de la police genevoise légale mais disproportionnée. La Libye conclut à l’illégalité de l’arrestation du couple Kadhafi et exige des sanctions contre les coupables et des excuses.

29 mai 2009 A l’issue d’une visite «humanitaire» aux deux Suisses retenus à Tripoli, Micheline Calmy-Rey se voit retirer le dossier par un Conseil fédéral impatient.

20 août 2009 Le président Hans-Rudolf Merz, qui gère la crise depuis juin, se rend à Tripoli, présente des excuses et signe un accord prévoyant la création d’un tribunal arbitral. Sa virée mal improvisée tourne au désastre: Tripoli ne tiendra pas sa promesse orale de libérer les deux Suisses.

4 septembre 2009 La Tribune de Genève publie les photos d’identification judiciaire de Hannibal Kadhafi.

23 septembre 2009 Hans-Rudolf Merz rencontre à New York le colonel Kadhafi qui promet de s’engager pour favoriser le départ des deux Suisses. Mais l’on apprend le lendemain que Hamdani et Göldi, cloîtrés à l’ambassade suisse, ont été kidnappés quelques jours plus tôt et sont retenus dans un lieu secret. Il faudra cinq semaines au Conseil fédéral pour suspendre l’accord du 20 août.

Novembre 2009 Micheline Calmy-Rey convainc le Conseil fédéral d’abattre le joker suisse: des dignitaires libyens seront privés de visas Schengen. Tripoli réplique en visant les Européens désireux de se rendre en Libye. Miracle, les deux otages sont remis à l’ambassade suisse. Tripoli les fait juger pour non-respect des procédures de visa: 16 mois de prison pour séjour illégal.

22 février 2010 La peine visant Rachid Hamdani a été annulée en appel, l’homme d’affaires peut rentrer au pays. Mais Max Göldi est contraint de se rendre en prison pour purger sa peine ramenée à quatre mois.

Printemps 2010 En toute discrétion et sous médiation espagnole et allemande, Berne et Tripoli négocient un plan d’action synonyme de sortie de crise: retour au pays de Max Göldi puis création d’un tribunal arbitral international.