Une collaboration franco-suisse est officiellement en place pour gérer l’offre de mobilité sur le lac Léman. Les partenaires vaudois et français ont annoncé jeudi l’achat de deux nouveaux bateaux destinés au transport transfrontalier. Selon les termes de la convention de coopération, des échanges annuels auront lieu pour décider du développement des lignes qui relient Lausanne à Evian-les-Bains et à Thonon-les-Bains, ainsi que Nyon à Yvoire.

Chaque jour, 2500 voyageurs empruntent les lignes lacustres entre les rives vaudoise et française du lac. Une progression annuelle de 4% est attendue ces prochaines années. Pour transporter tout ce monde et renouveler la flotte vieillissante, un premier bateau sera engagé sur la ligne Lausanne-Evian début 2022. Il possédera une capacité de 700 places et permettra l’ajout de sept allers-retours quotidiens. Les places assises offertes aux voyageurs doubleront donc sur cette ligne et la cadence aux heures de pointe baissera de 80 minutes à 45 minutes. Pour la présidente du gouvernement vaudois, Nuria Gorrite, «il est important d’assurer le transport des travailleurs frontaliers, car l’économie vaudoise a besoin de cette force de travail».

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Appel d’offres international

Concernant le deuxième bateau, il sera déployé à l’horizon 2023 pour les liaisons entre Lausanne et Thonon-les-Bains. Il remplacera, en offrant davantage de places, le bateau actuel «Ville de Genève», qui sera affecté sur la ligne entre Nyon et Yvoire, offrant également une augmentation de capacité sur ce dernier trajet.

Un appel d’offres international est lancé pour l’acquisition de ces deux nouvelles embarcations, dont le coût n’est donc pas encore connu.

Déficit couvert à parts égales

La convention conclue entre les deux pays couvre aussi des enjeux financiers. Elle établit un principe de répartition du déficit d’exploitation des lignes lacustres transfrontalières à parts égales entre la France et la Suisse. Cela représente environ 4 millions de francs par an aujourd’hui. Le canton de Vaud partagera également la note avec la Confédération.

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Ces développements chers aux partenaires franco-suisses ont également une visée écologique. Les déplacements entre les deux rives du Léman permettent de diminuer les nuisances environnementales, en comparaison avec les trajets en voiture. Selon des estimations, un voyageur faisant la traversée en bateau entre Evian et Lausanne génère 30 fois moins d’émissions de CO2 qu’un automobiliste.

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Côté français, la ville d’Evian-les-Bains souhaite développer les transports en commun et modifier ses infrastructures d’accès. Elle a prévu une reconfiguration de ses quais, avec la construction d’un parking sous-terrain. Entre Thonon-les-Bains et Genève, des aménagements vont être créés pour la mise en service d’un bus à haut niveau de service à la place des cars transfrontaliers, pour augmenter la vitesse commerciale de la ligne. Des discussions sont également en cours pour une ligne lacustre entre Lugrin et la Riviera vaudoise.