Les cours de gymnastique à l'école sont fragilisés. Les cantons de Saint-Gall et de Schwytz ont tous deux décidé de retrancher une heure d'éducation physique au bénéfice d'une heure d'anglais dans le programme de l'enseignement secondaire. Il est leur possible de le faire, grâce à la nouvelle ordonnance fédérale qui entre en vigueur le 1er janvier 2000. Celle-ci stipule que, «dans la règle», les élèves devront suivre trois heures de gymnastique par semaine. Conséquence: l'obligation étant tombée, plus rien n'empêche de faire exception à la règle. Trop contents de secouer ce dernier pouvoir de la Confédération sur l'éducation, affaire essentiellement du ressort du canton, Saint-Gall et Schwytz n'ont pas attendu longtemps avant de profiter de leurs nouveaux privilèges.

Adolf Ogi critiqué

Selon le conseiller d'Etat saint-gallois Hans Ulrich Stöckling, le nombre d'heures par semaine ne peut pas augmenter. «Et comme nous ne voulons pas seulement prendre sur le français, nous avons décidé de diminuer aussi le temps imparti à la gymnastique», confie-t-il à la SonntagsZeitung du 4 juillet. Cette attitude menace de se généraliser et, à Berne, on considère déjà que plus de la

moitié des cantons ne respectent pas totalement la nouvelle ordonnance.

Cette évolution n'est bien sûr pas du goût de tout le monde. Les professeurs d'éducation physique, les médecins et même le Comité olympique suisse critiquent sévèrement le conseiller fédéral Adolf Ogi. Ce sont ses services qui ont concocté cette nouvelle ordonnance, alors même que le chef du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports a toujours défendu et encouragé l'éducation physique.

Pour les médecins, le sport a une immense importance pour la santé, le caractère et la capacité à se détendre. La réduction d'un tiers des activités physiques peut avoir des conséquences importantes sur l'équilibre de certains enfants.