Asile

Deux centres fédéraux d’asile vont être fermés, faute de demandes

Le Secrétariat d’Etat aux migrations a indiqué lundi que deux centres fédéraux pour requérants d’asile seront temporairement fermés. Des mesures pour accélérer les renvois sont aussi à l’étude

Le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) va fermer temporairement deux centres fédéraux pour requérants d’asile, à Bâle-Campagne et Berne. Il adapte ainsi les structures à la baisse des demandes.

«Les coûts de fonctionnement des centres fédéraux seront ainsi réduits de quelque 30 millions de francs par an», a précisé le secrétaire d’Etat aux migrations Mario Gattiker lors d’une conférence de presse lundi à Berne. Les deux centres concernés par cette fermeture temporaire sont ceux de Chapelle (BE) et Muttenz (BL).

Seule la moitié des places sont occupées

Le Secrétariat d’Etat aux migrations table sur environ 14 500 demandes d’asile pour l’ensemble de l’année 2019, a souligné Mario Gattiker. Si cette projection se confirme, ce nombre sera le plus bas enregistré depuis 2007.

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En 2014, Confédération et cantons avaient convenu que la Confédération devrait disposer de 5000 places d’hébergement pour pouvoir mettre en œuvre les procédures accélérées dès l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l’asile, le 1er mars 2019.

Cette stratégie devait permettre de traiter jusqu’à 29 000 demandes par an dans six régions chargées de mener les procédures. Or, si plus de 4000 places d’hébergement sont aujourd’hui disponibles, seules la moitié sont occupées, du fait que le nombre de nouvelles demandes n’a cessé de diminuer ces dernières années.

L’objectif est d’utiliser près de 80% de la capacité des centres encore en exploitation, contre 50% actuellement, ce qui permettra une meilleure gestion, a indiqué M. Gattiker. Les 2200 places d’hébergement disponibles dès début 2020 permettront de traiter quelque 16'000 nouvelles demandes d’asile par an.

Si le nombre de demandes repart à la hausse, les structures fermées pourront être remises en exploitation en quatre à douze semaines. La capacité du système à absorber les fluctuations restera ainsi garantie, estime le SEM. Un démantèlement trop massif des structures d'accueil a dans le passé conduit à des problèmes de sous-capacité. Le ministre en charge de l'asile à l'époque Christoph Blocher avait alors ainsi réagi à une baisse temporaire du nombre de requérants.

Le traitement des demandes a été accéléré

Le traitement des demandes d’asile pendantes va en outre être accéléré. Quelque 8000 demandes déposées avant l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l’asile et soumises à l’ancien droit devaient initialement être traitées d’ici février 2021. Ce délai a été avancé à l’automne 2020.

Enfin, le SEM souhaite intensifier le renvoi des requérants déboutés. Le nombre de rapatriements en attente a certes diminué de moitié ces dernières années, notamment grâce à une meilleure coopération avec les pays de provenance. Mais celle-ci laisse toujours à désirer avec certains Etats, déplore le SEM.

La mobilisation d'agents de liaison supplémentaires sur place pourrait améliorer la situation, pense-t-il. Cela concerne en particulier l'Afrique de l'Ouest, la Corne de l'Afrique et le Moyen-Orient. Le SEM entend aussi intensifier la coopération avec les cantons dans l’exécution des renvois, notamment suivre de plus près les cas difficiles.

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D’autres mesures vont également être prises, au niveau européen cette fois. Début février 2020, les Etats Schengen mettront ainsi en vigueur la version révisée du code des visas. Ils associeront la politique européenne de visas à celle menée dans le domaine des retours. Des restrictions sur la délivrance de visas pourraient ainsi être imposées aux citoyens des Etats non coopératifs en matière de renvois.

Membre associé de Schengen, la Suisse se félicite de cette évolution. «Il faut encore voir comment cela fonctionne, mais cela pourrait être très efficace à l'échelle européenne», a estimé Mario Gattiker.

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