A Genève, le député MCG Eric Stauffer et sa collègue socialiste Isabelle Brunier ne pourront pas participer aux travaux de la commission d’enquête parlementaire instituée voilà un mois pour faire la lumière sur les dysfonctionnements qui ont conduit à l’assassinat d’Adeline par un détenu de l’ex-centre de sociothérapie de la Pâquerette.

La commission d’enquête s’est réunie vendredi et a examiné les liens d’intérêts de ses membres, a fait savoir dans un communiqué le bureau du Grand Conseil genevois. A la majorité, la commission a récusé Eric Stauffer et Isabelle Brunier pour la suite de ses travaux, est-il indiqué, sans autre précision.

Selon le député MCG Carlos Medeiros, Eric Stauffer s’est fait récuser car il a siégé au conseil d’administration des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Or, l’établissement de la Pâquerette se trouvait sous leur responsabilité lors du drame.

La création d’une commission d’enquête parlementaire (CEP) sur les dysfonctionnements ayant conduit à la mort d’Adeline n’est pas allée de soi. L’été dernier, les députés avaient opté pour une commission d’experts externes au canton. Mais des problèmes de légalité sont apparus et cette solution a finalement été abandonnée.

Quinze membres

Le mois dernier, le Grand Conseil a décidé, par 74 voix contre 3 et 17 abstentions, de mettre sur pied une CEP, composée de quinze membres. Elle devra rendre son rapport d’ici au 30 octobre prochain. Les députés de la CEP pourront être assistés d’experts dans leurs investigations.

L’assassinat d’Adeline a bouleversé le canton de Genève. La sociothérapeute a été tuée par un détenu de la Pâquerette qu’elle accompagnait lors d’une sortie dans un centre équestre. Deux rapports ont été rendus à ce jour sur ce drame. L’un, rédigé par l’ancien conseiller d’Etat Bernard Ziegler sur demande du canton, a fait état de graves dysfonctionnements au sein de l’administration.

L’autre, commandé par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), s’est penché sur le fonctionnement de La Pâquerette, l’unité carcérale de resocialisation des détenus dangereux, qui a été fermée, et pour laquelle travaillait Adeline.

Ce dernier rapport a été très critiqué par les proches d’Adeline qui le jugeaient trop clément avec la directrice de La Pâquerette. Cette dernière a reçu un blâme. Une enquête administrative a été ouverte contre la directrice du Service d’application des peines et des mesures (SAPEM). Par ailleurs, le procès du meurtrier devrait se tenir d’ici à la fin de l’année.