Sécurité

Deux djihadistes mineurs sont de retour en Suisse

Partis en Syrie en décembre 2014, un frère et une soeur de la région de Winterthour sont aujourd'hui placés en détention. Leur rôle exact sur le terrain syrien reste à déterminer.

Ils sont de retour. Partis en décembre 2014 en Syrie, une soeur et un frère de 16 et 17 ans sont rentrés en Suisse et ont été placés en détention, selon une information du Tages-Anzeiger. Le Ministère public des mineurs de Winterthour a ouvert une procédure pénale contre deux jeunes pour soupçons de violation de la loi fédérale interdisant les groupes "Al-Qaïda" et "Etat islamique" et de participation à une organisation criminelle (art. 260 du Code pénal), sans confirmer leur identité. Les adolescents sont arrivés mardi à Zurich dans un avion en provenance d'Istanbul et ont été arrêtés par la police cantonale zurichoise, précise à l'ats la procureure des mineurs Alexandra Ott.

Comme le soulignent les médias alémaniques, il s'agit très probablement des enfants d'une famille originaire des Balkans dont le départ avait fait grand bruit il y a un an. Il s'agit des deux seuls cas de "voyageurs du djihad" mineurs officiellement connus du Service de Renseignement de la Confédération (SRC). Selon le dernier décompte du SRC, 57 résidents suisses sont partis en Irak et en Syrie. Treize seraient de retour - un chiffre auquel il faut désormais rajouter les deux adolescents - et 9 auraient trouvé la mort sur place.

La mosquée An'Nur, au coeur des interrogations

Les deux mineurs seraient en bonne santé. Cinq autres djihadistes en tout cas sont partis de la région de Winterthour pour combattre en Syrie aux côtés de l'Etat islamique. Tous auraient fréquenté la mosquée An'Nur, au coeur des interrogations. Le frère avait notamment suivi des cours chez Valdet Gashi, champion de boxe thaï, qui a trouvé la mort cet été en Syrie. 

Le père des deux jeunes, à peine leur disparition constatée, avait très rapidement médiatisé l'affaire. Il s'était lui-même rendu en Turquie pour tenter de les récupérer. En vain. «L'Etat islamique a trompé mes enfants. J'ai peur pour leurs vies», avait-il alors expliqué à l'agence de presse turque DHA.

Les deux mineurs s'étaient radicalisés à Winterthour et avaient notamment fréquenté la mosquée d'El-Furkan, à Embrach. La soeur portait le voile et se sentait discriminée, selon des témoignages de son entourage. En Syrie, des indices laissent penser qu'ils se trouvaient du côté de Raqqa, fief de l'Etat islamique. L'enquête en cours, menée conjointement par la police cantonale zurichoise et Fedpol, déterminera quel rôle exact ils ont joué sur place. 

Contacté par 20 Minuten mercredi après-midi, le père des deux mineurs a refusé de se prononcer sur l'affaire. Mais il n'a pas démenti non plus qu'il s'agissait bien de ses enfants. 

Lire également:  Des femmes et des mineurs quittent aussi la Suisse pour le djihad

Publicité