Un Genevois radicalisé a été interpellé le 8 juin à l’aéroport de Zurich. C’est la dixième personne qui revient en Suisse après avoir rejoint ou tenté de rejoindre le groupe Etat islamique. Le jeune homme de 21 ans a été placé en détention préventive pour trois mois par le Tribunal des mesures de contrainte.

«En étroite collaboration avec l’Office fédéral de la police, un Suisse romand de 21 ans a été arrêté lors de son retour en Suisse, le 8 juin, à l’aéroport de Zurich, et placé en détention préventive. Il revenait de Turquie», indique André Marty, le porte-parole du Ministère public de la Confédération (MPC), à la Tribune de Genève.

Le Genevois a disparu pendant six mois. Les enquêteurs de la police judiciaire fédérale (PFJ) l’interrogent pour connaître les raisons de son départ et son itinéraire exact. Il aurait passé les dernières semaines dans un camp fermé en Turquie avant de révéler son identité dans le but d’approcher les autorités suisses, précise le quotidien du bout du lac.

Selon la SRF, une autre personne radicalisée a été arrêtée à Winterthour. Son interpellation a été effectuée à la demande du Ministère public de la Confédération. Placé en garde à vue à Berne, l’homme est soupçonné de soutien et d’appartenance à une organisation terroriste. Il aurait également fréquenté le Centre An’Nur, décrit par les médias alémaniques comme un «nid d’islamistes».

La Suisse renforce son arsenal

Peu après l’annonce de ces arrestations, le Conseil fédéral a décidé de prendre des mesures pour lutter contre le djihadisme. Retrait des papiers d’identité, obligation de se présenter au poste de police, signalement par fedpol, ces mesures seront mises prochainement en consultation.

Le retrait du passeport et la présentation au poste de police visent à empêcher le départ de personnes cherchant à intégrer des organisations terroristes à l’étranger. Les autorités devront y recourir au cas par cas.

Le gouvernement veut également donner la possibilité à l’Office fédéral de la police (fedpol) d’enregistrer des signalements sous surveillance discrète, afin de consigner des déplacements. Cette mesure sera prise uniquement si la personne concernée représente une menace concrète pour la sécurité intérieure ou extérieure. Le Département fédéral de justice et police a été chargé de préparer la mise en consultation des modifications de lois nécessaires.