Espionnage

Deux espions russes, visant le Laboratoire de Spiez, auraient été interpellés au printemps

Selon la presse, les deux hommes, arrêtés aux Pays-Bas, sont soupçonnés d'avoir voulu espionner ce laboratoire qui a notamment participé aux analyses de l'agent neurotoxique utilisé pour empoisonner Sergueï Skripal

Deux espions russes ont été arrêtés au printemps par les autorités néerlandaises et renvoyés dans leur pays. Ils étaient en route pour le Laboratoire de Spiez (au Sud de Berne). Le Tages-Anzeiger et le journal néerlandais NRC Handelsblad rapportent jeudi, citant des sources anonymes, que les deux hommes sont soupçonnés d'avoir voulu espionner le laboratoire de l'Office fédéral de la protection de la population, spécialisé dans les menaces chimiques.

Cet établissement enquête non seulement sur des allégations d'attaques au gaz toxique en Syrie mais aussi sur des soupçons visant Moscou dans le cas de l'empoisonnement de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille au début du mois de mars à Salisbury en Angleterre.

Les Skripal ont survécu à l'empoisonnement, ainsi qu'un policier contaminé en leur portant secours. En juin, deux nouvelles personnes avaient été contaminées par la même substance, l'agent innervant Novitchok. L'une d'entre elles est décédée quelques jours après.

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Cette affaire a engendré une grave crise diplomatique entre le Kremlin et les Occidentaux et abouti à une vague historique d'expulsions croisées de diplomates, ainsi qu'à de nouvelles sanctions économiques contre la Russie.

Aucune donnée n'a fuité

Le Service de renseignement de la Confédération (SRC) a confirmé au Tages-Anzeiger être au courant du «cas de La Haye et du renvoi des deux espions russes». La responsable de la communication au sein du SRC affirme que «le Service a activement participé à cette opération avec ses partenaires hollandais et britanniques». L'intervention a permis de «prévenir toute action illégale contre une infrastructure suisse critique».

D'après les recherches du journal cette «infrastructure suisse» est le Laboratoire de Spiez. Le porte-parole de l'institut en question Andreas Bucher a dit ne pas pouvoir commenter les informations du SRC. «Il peut en revanche confirmer que le laboratoire a été ciblé par des pirates informatiques. Mais nous sommes préparés à de telles éventualités. Aucune donnée n'a fuité».

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Selon le NRC Handelsblad, les deux espions transportaient du matériel qui leur aurait permis d'entrer dans le réseau informatique du Laboratoire. La Haye accueille le siège de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), qui s'occupe activement des événements en Syrie et à Salisbury. L'un de leurs laboratoires de référence est justement celui de Spiez.

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