Selon les derniers sondages de la SSR et de Tamedia publiés mercredi, soit dix jours avant le scrutin du 29 novembre, l'initiative pour des multinationales responsables et celle contre le commerce de guerre sont de moins en moins populaires.

Le résultat concernant l'initiative pour des multinationales responsables reste ouvert (soutenu par 51% de l'électorat) et l'initiative contre le commerce de guerre serait rejetée (avec 41% des voix), selon la troisième enquête Tamedia. L'enquête SSR donne les mêmes tendances et précise que les deux initiatives auraient été acceptées si le vote avait eu lieu le 8 novembre. Pour l'emporter, les deux objets doivent décrocher la double majorité du peuple et des cantons.

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Selon le sondage Tamedia, même si la majorité du peuple accepte les objets, la probabilité que la majorité des cantons soit atteinte est de 50-50. Les deux enquêtes s'accordent à noter que les opinions sont polarisées, entre la gauche et la droite, et entre les zones urbaines et rurales. Des divergences existent aussi selon les sexes et les générations.

La gauche perd du soutien

Le rejet de l'initiative pour des multinationales responsables s'est renforcé au sein de la base de l'UDC et du PLR. L'opposition grandissante est moins due à un changement d'opinion au centre qu'à un rejet plus prononcé à droite, selon l'enquête Tamedia.

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En revanche, la gauche perd du soutien au-delà de son propre camp, d'après le sondage SSR. Une majorité de sympathisants du PDC sont aujourd'hui opposés à l'initiative et le «oui» s'effrite aussi parmi les votants indépendants. Ce sondage indique également que l'opposition progresse en Suisse alémanique et en Suisse romande, alors que le «oui» gagne du terrain au Tessin.

Selon l'enquête Tamedia, les femmes acceptent l'initiative à 58%, tandis que seuls 45% d'hommes la soutiennent. Elle est acceptée à 59% dans les villes et le même pourcentage de jeunes entre 18 et 34 ans la soutient. D'après le sondage SSR, l'acceptation de l'initiative pourrait venir, outre des femmes, des milieux urbains et des jeunes, des personnes avec un haut niveau d'éducation (49%) et des groupes à bas revenus (59%).

Crise liée au coronavirus

Dans le camp du «oui» à l'initiative pour des multinationales responsables, on estime que le profit ne doit pas prendre le pas sur l'environnement et les droits humains, indique le sondage Tamedia. D'après l'enquête SSR, l'argument qui dit que les mesures volontaires ne suffisent pas fait mouche.

Parmi les opposants, on avance que les chaînes d'approvisionnement complexes ne peuvent être contrôlées à l'étranger, selon le sondage Tamedia. Ils croient aussi que l'initiative nuit à la Suisse en tant que site économique, surtout en pleine crise du coronavirus, d'après l'enquête SSR.

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Concernant l'initiative contre le commerce de guerre, la part de «oui» diminue à mesure que l'âge des votants croît. Le «oui» l'emporte chez les femmes (51%) et les citadins (52%), d'après le sondage Tamedia. Selon l'enquête SSR, les femmes (59%) acceptent davantage l'initiative que les hommes (42%). Elle est aussi soutenue par 57% des jeunes entre 18 et 39 ans.

Neutralité suisse

Les électorats du PS et des Verts approuvent l'initiative, d'après le sondage Tamedia. Ceux de l'UDC, du PLR et du PDC la rejettent clairement. Le soutien des électeurs vert'libéraux est passé de 67% à 46% en deux semaines.

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L'initiative ne convainc plus aucune majorité en Suisse alémanique (49% de oui), tandis que l'approbation demeure majoritaire au Tessin (56% de oui) et en Suisse romande (54%). Les médias romands se font largement l'écho de l'initiative, selon le sondage SSR.

Les partisans sont convaincus que les investissements dans des entreprises d'armement sont incompatibles avec la neutralité suisse, indique l'enquête Tamedia. Les opposants estiment que l'initiative n'a aucune influence sur l'offre et la demande de matériel de guerre au niveau mondial. Ils doutent aussi que l'initiative ait un effet sur la guerre comme motif d'exode, selon l'enquête de la SSR.

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La deuxième enquête «Trend» de la SSR a été réalisée par l'institut de recherche gfs.bern entre le 2 et le 11 novembre auprès de 10'069 titulaires du droit de vote. La troisième enquête Tamedia a été réalisée entre le 12 et le 14 novembre, d'après 13 884 réponses pondérées en fonction de variables démographiques, géographiques et politiques.