Des hausses d'impôt? La majorité des Genevois n'en veut pas. C'est en tout cas ce que révélait, en mars, un sondage de la Chambre de commerce et d'industrie: huit contribuables sur dix seraient opposés à une augmentation de la charge fiscale. Pourtant, la gauche vient d'annoncer l'aboutissement de ses deux initiatives fiscales visant à «taxer davantage les plus fortunés» (LT du 8.03.2005). Les textes ont été déposés jeudi à la Chancellerie, munis chacun de plus de 11 000 signatures.

85% des Genevois pas concernés

La première initiative propose la «suppression des cadeaux fiscaux au profit des très hauts revenus». Les «très hauts revenus» commençant à 130 000 francs pour les couples, et 100 000 francs pour les célibataires. Il s'agit de revenir sur la baisse d'impôt de 12% acceptée par les Genevois en 1999. La seconde initiative demande l'introduction d'un impôt de solidarité à la charge des contribuables dont la fortune dépasse 1,5 million.

La récolte de signatures a été laborieuse. Selon le conseiller national Pierre Vanek, «les sujets fiscaux sont les plus durs à vendre. Mais là, 85% des Genevois ne seraient pas touchés par la hausse d'impôt proposée par la première initiative. Et la seconde n'est qu'un remède homéopathique: la contribution exigée est si modeste que j'ai presque honte.»

Principal argument: l'adoption des initiatives permettrait d'encaisser 260 millions. Pour le député AdG Christian Grobet, «c'est une proposition concrète de la gauche pour contribuer au rééquilibrage des comptes du canton.» Un moyen, selon les initiants, de financer l'Etat social. De son côté, la droite rétorque qu'en quinze ans les Genevois ont refusé à quatre reprises d'instaurer un impôt de solidarité. Dernière tentative: en 2003, 59,53% des citoyens avaient dit non. Une nouvelle fois donc, les Genevois devraient être appelés à trancher par la voie des urnes.