Plusieurs organisations de protection de la nature et de l’environnement ont déposé mardi à Berne deux initiatives populaires fédérales. Elles veulent mieux protéger la biodiversité pour l’une, et le paysage pour l’autre.

Les initiatives comptabilisent ensemble plus de 213 000 signatures authentifiées, ont communiqué mardi les organisations concernées. Soit 108 112 pour l’Initiative biodiversité et 105 234 pour l’Initiative paysage, selon Pro Natura, Birdlife Suisse, la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage (FP) ainsi que Patrimoine suisse qui les ont déposées à la Chancellerie fédérale.

Disposés sur la terrasse du Palais fédéral, les cartons de signatures ont formé «un puzzle symbolique représentant la» Suisse de demain «colorée et diversifiée», lit-on dans le communiqué.

Moyens et surfaces pour la biodiversité

L’Initiative biodiversité souhaite renforcer la protection de la nature, du paysage et du patrimoine bâti comme tâche commune de la Confédération et des cantons. Les initiants veulent obtenir que «les moyens financiers et les surfaces nécessaires à la biodiversité soient enfin alloués, au bénéfice des habitats et des espèces menacées».

En conférence de presse, Ursula Schneider Schüttel, conseillère nationale (PS/FR) et présidente de Pro Natura, a déclaré que la création d’une infrastructure écologique ne doit pas seulement consister en la création de «zones centre». Selon elle, il faut aussi relier les zones protégées entre elles, au travers de corridors, de haies ou de cours d’eau naturels.

Séparer les zones à bâtir

Quant à l’Initiative paysage, elle souhaite une séparation plus claire entre zones constructibles et zones non constructibles. Les initiants regrettent que ce principe, déjà inscrit dans la loi, ne soit pas respecté dans la réalité.

En conférence de presse, Raimund Rodewald, directeur de la FP, a indiqué que 37% des surfaces construites se trouvent déjà en dehors des zones à bâtir. Un phénomène accentué, selon lui, par l’acceptation en 2013 par 63% de la population de l’Initiative pour le paysage de 2008 visant à limiter l’extension des zones à bâtir.

Les deux initiatives ont été lancées fin mars 2019. D’autres associations, comme l’association transports et environnement (ATE), les soutiennent.