Le Conseil central islamique suisse (CCIS) présidé par Nicolas Blancho, adepte d’un islam rigoriste, convie une fois de plus de sulfureux intervenants à sa conférence annuelle, qui se tiendra le 29 novembre à Fribourg, souligne le Tages-Anzeiger . Si le CCIS se défend de prôner la violence et l’antisémitisme, ce n’est pas le cas de ses invités, relève le quotidien.

Deux d’entre eux ont fait l’objet de surveillance policière dans leur pays pour leur islamisme militant. L’imam de la mosquée de Mitrovica Enis Rama, 38 ans, a été arrêté mi-septembre par la police dans une rafle qui visait quinze prédicateurs au Kosovo. Soupçonné de soutien à l’organisation terroriste Etat islamique, il est accusé de «menacer l’ordre constitutionnel et la sécurité» par ses prêches extrémistes. Ses partisans dénoncent une arrestation politique.

Dans un rapport du Département d’Etat américain sur la liberté de religion dans le monde, publié en juillet, Enis Rama était épinglé pour des propos antisémites proférés sur sa propre chaîne télévisée online, Peace TV. Il aurait déclaré qu’«il n’existe pas d’autre êtres humains, race, clan ou tribu aussi dévastateurs que les juifs». Le Conseil central islamique suisse s’exprime ce jeudi sur la page Facebook dédiée à son événement: «Enis Rama est au bénéfice de la présomption d’innocence. Il s’est distancé des actes de l’Etat islamique bien avant le battage médiatique autour de ce groupe».

Autre invité controversé du CCIS, l’imam Abdul Adhim Kamouss de la mosquée Al-Nur, à Berlin, sous surveillance des autorités allemandes, qui suspectent le lieu de culte de servir de base de recrutement pour les jeunes aspirants jihadistes. Le procureur général de la République fédérale d’Allemagne avait ouvert en 2003 une enquête sur le prédicateur pour participation à une organisation terroriste. La procédure a abouti à un non-lieu.

Pas sûr que ces deux personnalités puissent toutefois participer à la conférence annuelle de Fribourg. En 2013, l’Office des migrations (ODM) avait interdit à un prédicateur égyptien, également invité par le CCIS, d’entrer sur le territoire suisse. Et en 2012, lors de la première conférence de ce type, l’imam saoudien Mohamed al-Arifi se voyait lui aussi exclu d’entrée dans le pays.