Energie

Deux projets éoliens des SIG repêchés dans le canton de Vaud

Ecartés dans un premier temps, les sites de Bavois et d’Essertines-sur-Rolle ont été intégrés dans la planification éolienne du canton de Vaud

Récemment retouchée, la carte de la planification éolienne vaudoise comprend deux nouveaux sites, celui de Bavois, dans le Nord du canton, et celui d’Essertines-sur-Rolle, sur la Côte. Ils ont également en commun leurs promoteurs, qui sont les Services industriels de Genève (SIG) en partenariat avec la société allemande Vento ludens.

Ces deux projets ne sont pas à proprement parler nouveaux, mais ils avaient été écartés de la planification cantonale. Ils reviennent, en compensation de deux autres qui ont été abandonnés, Daillens-Oulens, après le refus de la population, et Cronay, par décision des promoteurs. La carte éolienne vaudoise conserve ainsi 19 sites et l’objectif ambitieux de couvrir un quart de la consommation électrique en 2030, même si aucune des quelque 150 machines prévues ne tourne encore.

Syndic de Bavois, Thierry Salzmann se réjouit de cette réintégration. Il est intervenu auprès de l‘Etat pour défendre BavoisEole SA, «qui apportera des retombées intéressantes à la commune et lui permettra d’apporter sa pierre à l’édifice du tournant énergétique.» L’insuffisance des mesures du vent, qui justifiaient le rejet de 2011, a été compensée depuis. Un mât de mesure proche du restauroute de l’A1 a été installé l’automne dernier. Selon le syndic, le projet jouit d’un bon soutien dans la population, qui, pour l’essentiel, tournera le dos aux éoliennes prévues, cinq au maximum.

Nord vaudois très sollicité

Les habitants de Bavois pourront en revanche admirer les douze éoliennes d’en face, celles du Mollendruz, sur le contre-fort du Jura, un projet à fort impact visuel. Le Nord vaudois, entre les crêtes jurassiennes et les hauteurs du Gros-de-Vaud, doit recevoir l’essentiel des éoliennes planifiées dans le canton.

La région de la Côte, en revanche, était jusqu’ici largement «épargnée» par les projets éoliens, en raison notamment de sa proximité de l’aéroport de Genève. Avant Essertines-sur-Rolle (environ 6 éoliennes), seul le site de Bière figurait sur la carte. A la suite d’une expertise indépendance, Skyguide a admis que le projet n’aurait pas d’impact sur la navigation aérienne. Il reste sous condition pour son impact sur le radar primaire de Cointrin, Skyguide évaluant actuellement différentes solutions.

Les sites de Bavois et d’Essertines appartiennent tous deux au portefeuille éolien des Services industriels de Genève (SIG). Cette entreprise, qui a défrayé la chronique tant par ses ambitions que par ses ennuis éoliens, promeut 11 projets en Suisse, dont le plus avancé est à la Montagne-de-Buttes (NE), où la demande de permis de construire est déposée. Les SIG sont associés à un troisième projet vaudois, à la Grandsonnaz.

Question de méthode

La société vento ludens, crée par un industriel bavarois du carton et des jeux de société, est présente en Suisse dans les cantons de Soleure et de Vaud. Selon José Basset, son représentant suisse, elle se distingue par son approche des propriétaires de terrain: «Nous sommes les seuls à travailler sur un périmètre élargi, explique ce responsable. Tous les propriétaires potentiellement concernés signent la convention, sans savoir qui sera finalement concerné par une implantation, les emplacements n’étant pas encore fixés. Cela donne de la flexibilité à la planification, mais cela implique un long travail de persuasion au début.» Si tout va bien, des éoliennes pourraient tourner à Essertines-sur-Rolle à la fin 2019, un an plus tard à Bavois.

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