Le 27 septembre, les Suisses et les Suissesses se prononcent sur un congé paternité de deux semaines, issu de longues tractations politiques. Nous explorons les enjeux de ce choix à travers une série d’articles.

Le village de Baulmes, par une journée ensoleillée de fin d’été, offre peut-être ce que le canton de Vaud a de plus spectaculaire. Cette bourgade de mille habitants nichée au pied du Jura, sublimée par la montagne imposante contre laquelle elle s’adosse, s’ouvre sur un panorama à couper le souffle: la chaîne des Alpes coiffée par le Mont-Blanc éclatant. Depuis quelque temps, la population locale est en augmentation, non qu’il y ait un essor économique mais par l’attraction procurée par les voies de chemin de fer et l’autoroute, à quelques kilomètres. Politiquement, la région du Jura Nord-vaudois est une terre UDC et le syndic de Baulmes Julien Cuérel n’y déroge pas, représentant aussi son parti au parlement cantonal.

Nous avons pris rendez-vous dans la plus grande entreprise du village, Bollini, qui depuis près de 150 ans est active dans la construction, génie civil et bâtiment. Au mur, une photographie de 1900 témoigne du creusement du tunnel du Mont-d’Or, par lequel passe encore le TGV Lausanne-Paris: les hommes en souliers de cuir, coiffés d’un simple chapeau sourient à l’objectif, une pioche à la main. L’actuel directeur, Sébastien Leimer, emploie 130 personnes, presque que des hommes, d’une moyenne d’âge de 44 ans. «Je n’ai jamais eu de maçonne, je ne sais d’ailleurs pas si ce terme existe», confie-t-il. Franc et avenant, ce patron lie d’un ciment classique la situation économique de sa boîte et ses intentions de vote. Il ne soutiendra pas le congé paternité de deux semaines tel qu’il est proposé aux Suisses ce mois-ci.