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La manifestation de soutien aux migrants, dimanche à Briançon, à la suite de laquelle deux Suisses ont été placés en détention provisoire par le Tribunal de Gap.
© Valérie Merle/KEYSTONE

Migrations

Deux Suisses détenus en France après une manifestation pro-migrants

Le Tribunal de Gap a prononcé la détention provisoire de manifestants ayant favorisé l’entrée illégale de migrants à la frontière franco-italienne

Deux jeunes Suisses, ainsi qu’une ressortissante italienne, ont été placés en détention provisoire par le Tribunal correctionnel de Gap (Hautes-Alpes), mardi, en raison de leur participation dimanche à une manifestation d’aide aux migrants à la frontière franco-italienne.

Partie du village italien de Clavière, cette action a rassemblé 160 personnes, en majorité des Italiens et des Français. «La manifestation a permis l’entrée en France de 30 à 40 migrants, bloqués à la frontière depuis plusieurs jours», explique Benoît Ducos, de l’association Tous Migrants. C’est la première fois en France que des «délinquants solidaires» vont en prison.»

Sans violence, les manifestants ont entouré les migrants pour les protéger des forces de l’ordre. Ils ont franchi la frontière en marchant sur les pistes de ski de Montgenèvre encore enneigées. Puis, sur la route, ils ont passé un cordon d’une vingtaine de gendarmes, dans une grande bousculade, avant de poursuivre jusqu’à Briançon. C’est dans la soirée que les trois jeunes gens ont été arrêtés.

Jusqu’à 10 ans de prison

Poursuivis pour «aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière sur le territoire national et en bande organisée», les trois prévenus sont en attente de leur procès, qui se tiendra le 31 mai. Ils encourent jusqu’à 10 ans de prison et 750 000 euros d’amende avec une interdiction du territoire français. Présentés en comparution immédiate, ils ont demandé le report de l’audience. Le parquet a alors requis la détention provisoire, «en raison de l’insuffisance des garanties de représentation et pour prévenir toute réitération des faits».

Des éléments que conteste leur avocat, Me Yassine Djermoune. «Nous avons versé au dossier des attestations d’hébergement le temps de la procédure. La réitération des faits n’est pas fondée, mes clients n’ayant jamais été condamnés.» Les deux citoyens helvètes sont amis, domiciliés en Suisse, et l’un d’entre eux a une promesse d’embauche comme maître-nageur à Genève pour la saison estivale. «De passage à Clavière, ils ont rencontré les migrants au lieu d’accueil», poursuit l’avocat, qui se dit choqué par la mesure de détention provisoire et devait demander jeudi leur libération conditionnelle. Contacté, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) n’a pas souhaité s’exprimer sur cette affaire.

Une contre-manifestation

Le week-end dernier était tendu dans les Hautes-Alpes. Samedi, des militants d’extrême droite, venus de toute l’Europe, se sont installés au col de l’Echelle pour une action anti-migrants. La manifestation de soutien à ceux-ci s’est faite en réaction. Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, a annoncé le renforcement des forces de l’ordre et du contrôle de la frontière. Ce mercredi, les identitaires poursuivaient leur opération au col du Montgenèvre. 

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