Dmitri Rybolovlev et Yves Bouvier avaient rendez-vous, ce mercredi, à Genève. Le premier procureur Yves Bertossa les a convoqués pour une nouvelle audition dans le cadre de la plainte déposée en 2017 par des sociétés du Russe contre le Genevois pour escroquerie, blanchiment d’argent et abus de confiance. Les deux hommes sont en conflit depuis cinq ans. Yves Bouvier, qui s’est présenté en tant que prévenu, a vendu durant une décennie 38 œuvres d’art à l’ex-oligarque, empochant au passage 1 milliard de francs. Ce dernier l’accuse de s’être attribué bien plus que sa commission de 2% alors que l’ancien propriétaire de Natural Le Coultre explique la hauteur de ses marges par la qualité de son «boniment commercial» et par les frais à couvrir comme acquéreur des tableaux avant de les revendre à son client milliardaire.

La convocation de mercredi avait pour but d’entendre deux témoins clés pour la première fois. La matinée était consacrée à Sandy Heller, un consultant en art qui a joué un rôle important dans le déclenchement de l’affaire. Dmitri Rybolovlev l’avait croisé lors d’une soirée de réveillon en 2014. Sandy Heller lui avait alors confié avoir vendu un nu de Modigliani à un acheteur anonyme pour 93,5 millions de dollars. Or, l’ex-oligarque venait d’acquérir ce même tableau par le truchement d’Yves Bouvier pour 22 millions de dollars de plus. Neuf jours plus tard, Dmitri Rybolovlev saisissait la justice de Monaco, où il réside, qui allait arrêter Yves Bouvier le 25 février 2015.