Au printemps 2015, le conseiller d’Etat genevois Luc Barthassat avait lancé une idée pour fluidifier le trafic: celle d’autoriser les deux-roues motorisés à emprunter les couloirs de bus sans encourir une amende de 60 francs. «Fausse bonne idée!», avaient alors rétorqué plusieurs personnalités de gauche ou proches de la mobilité douce, dénonçant une mesure qui favorise un mode de transport polluant ou susceptible de ralentir encore plus les Transport publics genevois. Ces critiques ne semblent pas avoir refréné la volonté du démocrate-chrétien qui annonce dimanche l’ouverture d’une phase de test dans le canton devant durer une année. Et ce, dès «la fin du mois de mai, début juin».

Une mesure qui pourrait être élargie mais pas généralisée, assure le magistrat

Seuls six tronçons de voie de bus seront ouverts aux motos et aux scooters, avant que la mesure, le cas échéant, ne soit étendue au reste du territoire mais de manière parcimonieuse, à en croire le magistrat chargé des Transports: «Nous voulons voir si ce système fonctionne ou s’il pose des problèmes. Si cela en vaut la peine, il pourrait être élargi, mais ne sera en aucun cas généralisé». Luc Barthassat affirme avoir visité plusieurs villes pour «prendre des idées» permettant de fluidifier le trafic, comme Zürich ou Londres selon l’ATS. Cette mesure «fonctionne très bien et ne retarde pas la vitesse commerciale. En plus, cela évite que les deux-roues ne zigzaguent entre les véhicules. La sécurité est ainsi améliorée», estime l’édile.

Les six axes ont été choisis en raison de leur fort trafic. Un seul se situe dans l’hypercentre: le pont du Mont-Blanc. Lorsqu’ils les emprunteront, les deux-roues motorisés devront respecter le marquage ainsi que le feu de signalisation «voie bus» et non plus celui de la voie normale.

Le nombre de deux-roues a été multiplié par deux en vingt ans à Genève

En parallèle, le DETA entend continuer «d’augmenter un maximum» le nombre de places de stationnement pour les deux-roues. Il en a déjà créé 827 entre 2014 et 2015. Il a également lancé un programme d’aménagement des glissières. Toutes celles qui étaient à haut risque ont déjà été équipées de protections pour motards. A terme, les 37 kilomètres de glissières du canton seront sécurisés. Le nombre de motos et de scooters a été multiplié par deux en vingt ans à Genève.