«C’est une situation semblable à bien d’autres règlements de comptes familiaux où un parent cherche à travers les enfants à atteindre l’autre. Je ne connais pas cette famille et me méfie des généralités. Mais si un parent part avec ses enfants, en coupant leur contact avec l’autre parent, c’est ce qu’on appelle dans notre jargon une «parentectomie». C’est chirurgical: un père ou mère coupe la relation entre l’autre et ses enfants.

Cela peut avoir plusieurs degrés, comme disqualifier l’autre aux yeux de l’enfant – une situation dont regorgent les tribunaux. En Suisse, ce sont les femmes qui agissent dans 80% des cas d’enlèvements. Le degré dramatique des représailles est la mort des enfants, ce qu’on appelle parfois le «syndrome de Médée». Dans la mythologie, elle avait tué les enfants qu’elle avait eus avec Jason pour le punir car il la trompait.

Le règlement de comptes entre parents est en augmentation depuis une vingtaine d’années, avec une collusion passive de la justice. Elle peut déposséder un parent de toute autorité parentale, ce qui le stigmatise.

Dès lors, pourquoi en arrive-t-il à cet extrême? Parce que sa crédibilité personnelle, en tant que père ou mère, est détruite. L’un est reconnu comme le bon parent et l’autre comme le mauvais. Cet homme, le père des fillettes disparues à Saint-Sulpice, est peut-être lui aussi une victime. Il devait certainement souffrir, mais cela ne justifie en aucune façon ce qu’il a fait.»