Polémique

Devant le gouvernement, Pascal Broulis refuse de faire la lumière sur sa situation

Lors de la séance du gouvernement, le conseiller d’Etat se serait abrité derrière le secret fiscal pour ne pas divulguer certaines informations. Une posture qui complique une future sortie de crise

Le flou entourant le régime fiscal de Pascal Broulis n’est toujours pas levé. Et n’est peut-être pas près de l’être. Selon nos informations, lors de la séance du Conseil d’Etat de ce mercredi, l’élu se serait caché derrière le secret fiscal pour ne pas faire toute la lumière sur sa situation face au reste du collège, qui le priait de jouer la carte de la transparence.

Durant cette réunion tendue, aucun élément n’aurait ainsi été donné permettant de faire taire la polémique déclenchée le 9 février dernier. Pour rappel, un article du journal zurichois Tages-Anzeiger laissait supposer que le magistrat PLR s’était bricolé un régime d’imposition sur mesure, profitant d’une certaine complaisance liée à sa fonction. Il en ressortait que l’élu paie la majorité de ses impôts communaux dans sa commune d’origine de Sainte-Croix, dans le Nord vaudois, alors qu’il vit depuis 2002 la plus grande partie de l’année à Lausanne avec sa femme et son fils.

Travail compliqué

Les attentes étaient pourtant grandes autour de cette séance du gouvernement. Vacances scolaires obligent, c’était la première fois que les conseillers d’Etat se revoyaient depuis l’éclatement de l’affaire. Il était attendu que Pascal Broulis se montre enfin transparent auprès de ses collègues. Visiblement, il n’en a rien été. Une attitude qui complique sérieusement le travail du Conseil d’Etat dans la recherche d’une sortie de crise.

C’est surtout la posture de la présidente du gouvernement, Nuria Gorrite, qui s’annonce délicate. C’est elle qui aura la tâche de se présenter mardi prochain devant le Grand Conseil pour donner la réponse du Conseil d’Etat à l’interpellation d’Ensemble à gauche intitulée: «Le chef des finances cantonales pratique-t-il une optimisation fiscale à la limite de la légalité?»

Impossible de savoir quelle sera la teneur du propos de Nuria Gorrite. La socialiste a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne s’exprimerait pas d’ici à cette échéance. Signe supplémentaire de nervosité: contrairement à ce qui avait été initialement annoncé, le texte de la réponse ne sera pas transmis aux députés avant la séance, afin d’éviter toute fuite.

«Aveu de culpabilité»

Ce manque de prise de position publique de la part de Pascal Broulis n’en finit pas d’interroger dans un dossier hyper-sensible commençant à empoisonner l’ensemble de la vie politique vaudoise. «Il aurait rapidement pu éteindre l’incendie en jouant carte sur table lors d’une conférence de presse, par exemple. Il n’en a rien fait, peut-être péchant par arrogance après seize ans au pouvoir. Aujourd’hui, le fait qu’il se taise est perçu comme un aveu de culpabilité», s’interroge un haut cadre de l’administration vaudoise.

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Beaucoup s’attendaient en effet à ce que Pascal Broulis communique rapidement. Mais après une note à la presse improvisée depuis Pyeongchang le 9 février où il assistait aux Jeux olympiques – un texte qui posait plus de questions qu’il n’apportait de réponses –, l’élu s’est muré ensuite dans le silence. Cette stratégie, qui aurait pu apparaître comme prudente dans un premier temps, est vite devenue problématique, finissant par empoisonner les autres départements, comme celui de la Formation et de la jeunesse (DFJC).

Fils scolarisé

Différents articles de presse ont en effet fait état d’une possible complaisance de la part du DFJC, permettant à Pascal Broulis de scolariser son fils à Lausanne, loin de son domicile principal du Nord vaudois. Des assertions qui ont obligé le département à réfuter ces soupçons mercredi au travers d’un communiqué de presse.

Le canton n’a ainsi jamais été saisi de la demande de scolarisation du fils Broulis dans le chef-lieu, déposée fin 2006, vu que, selon une convention, la gestion de la scolarité obligatoire était de compétence communale. De plus, selon les procédures en vigueur, la scolarisation automatique d’un enfant en résidence secondaire à Lausanne a bénéficié à de nombreuses autres familles.


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