Ce n'est qu'un incident de plus dans un procès sous haute tension: mardi matin, l'un des braqueurs présumés du Casino du Jura (LT du 15.03.2005), actuellement en liberté provisoire, est arrivé avec un quart d'heure de retard à la reprise de l'audience à Porrentruy. Le président de la Cour criminelle du Jura, le juge Gérard Piquerez, a immédiatement émis un mandat d'arrêt et réclamé l'arrestation du prévenu. Tout est rapidement rentré dans l'ordre, mais l'incident illustre l'arrogance de trois des huit accusés, le clan des «Zurichois» – comme le désigne le président de la Cour –, envers la justice jurassienne. Ils nient toute participation au hold-up et crient au complot des cinq autres prévenus, résidant dans le Jura, qui les chargeraient pour réduire leur propre responsabilité. Le tout sur fond de menaces de mort.

Des braqueurs «dépassés»

Les avocats de la défense ont repris en chœur la stratégie de leurs clients: les mandataires des trois prévenus alémaniques, poursuivis pour avoir notamment tabassé et tiré sur le croupier, plaident la relaxe avec indemnités. Alors que les avocats des accusés résidant dans le Jura, s'ils admettent les faits reprochés, font porter le chapeau aux comparses venus de la région zurichoise. «Les Jurassiens ont été dépassés par les événements», résume un avocat.

Plutôt que des peines de 5 à 9 ans, comme le réclame le procureur, la défense en appelle à la clémence du tribunal, excuses et regrets à l'appui, préconisant même une peine assortie du sursis pour deux des prévenus. Les cinq juges professionnels de la Cour criminelle rendront leur verdict jeudi.