Pas d'indulgence pour le patron des sociétés Norit et Gefipro, qui s'est rendu coupable d'escroqueries par métier de manière répétée et systématique pendant plusieurs années. Le financier brésilien a été condamné vendredi à cinq ans de réclusion par la Cour d'assises de Genève. Les deux associés valaisans, qui étaient sous son ascendant, ont écopé de peines un peu plus clémentes.

Les délits commis sont d'une extrême gravité. Les responsables connaissaient leurs clients, qui ont été dépouillés du fruit de toute une vie de travail pour plusieurs dizaines de millions de francs. Ils n'ont en outre rien remboursé. Le Brésilien, leader incontestable du groupe, s'est servi d'au moins 19 millions. Il lui appartenait de stopper l'hémorragie. Mais il a persisté jusqu'à la chute en 1994, entraînant ses acolytes, «par vanité et orgueil».

La cour lui a ainsi infligé la peine requise par le procureur général, pour escroqueries, faux dans les titres et gestion fautive. Les jurés ont considéré qu'il avait exercé une dépendance psychique et financière sur les administrateurs valaisans. Le premier a été condamné à deux ans de prison ferme, tandis que l'autre, en fait numéro trois dans la hiérarchie, a, lui, bénéficié d'une peine de 18 mois avec sursis.