GENVE

DEVANT LA JUSTICE. Gendarme condamné à dix ans de réclusion pour meurtre

L'accusé refusait toute liberté à sa femme. C'est pour cela qu'il a préféré l'abattre.

Le brigadier de gendarmerie, qui avait abattu son épouse, greffière au Tribunal, a été reconnu coupable de meurtre par les jurés de la Cour d'assises de Genève (LT d'hier). Ecartant la thèse du drame passionnel plaidée par la défense, le verdict retient que l'accusé a agi par égoïsme. Il n'a pas supporté l'idée d'une séparation en laquelle il voyait une menace pour son confort matériel et son ascension professionnelle. Le procureur général Bernard Bertossa a requis 10 ans de réclusion à l'encontre du policier, qui a été mis au bénéfice d'une responsabilité légèrement restreinte. La Cour d'assises a suivi le Ministère public.

«J'espère que tu leur diras bien tout le mal qu'elle nous a fait.» C'est en ces termes que le gendarme s'est adressé à l'aîné des enfants juste après avoir rengainé son arme et regagné tranquillement le salon. Il a répété cela par écrit aux plus jeunes depuis sa cellule. Pour les avocats des parties civiles, Mes Pierre de Preux et Olivier Boillat, cet homme a exécuté sa femme et tenté d'assassiner sa mémoire en la traitant de manipulatrice, responsable de tous les malheurs qui frappaient le couple. Déni de la réalité, perception faussée par sa maladie (une sclérose en plaques), a rétorqué Me Alain Berger pour la défense de l'accusé. Un homme qu'il a dépeint comme submergé par ses émotions, brisé par l'échec et par la perspective de perdre tout ce qu'il considérait comme sa réussite.

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