Un inconditionnel de Gilbert Duchoud. L'ancien chef du personnel de la BCV n'a pas caché l'admiration sans bornes qu'il voue encore à celui qui fut son patron. Profitant de la tribune qui lui était offerte comme témoin, l'intéressé a déclamé un texte vantant les mérites de celui qu'il compare volontiers à «un premier de cordée», «un général proche de ses hommes», «un banquier accompli, fort, entier, attachant, droit et juste».

La journée de vendredi était entièrement placée sous le signe des compliments avec le défilé des témoins de moralité. Le premier et le plus dithyrambique d'entre eux s'est aussi prononcé sur ces fameuses enveloppes censées arrondir les fins de mois de certains dirigeants. Pour celui qui voit en Gilbert Duchoud ce président éclairé qui a institué un «droit à l'impertinence» pour les collaborateurs, tout ou presque peut être pardonné.

Surtout si ces écarts visaient à développer les activités en Asie. Passer des nuits blanches avec des clients, faire couler le champagne à flots, bref jouer dans la cour des grands, tous ces «inconvénients» méritaient cette forme de «carte blanche» en cash. «Ces clients sont courtisés par toutes les banques du monde, on ne peut pas se contenter d'un simple plat du jour avec un verre de Goron», résume cet aficionado. Et tant pis pour le fisc. «Ces activités n'avaient rien à voir avec le terroir vaudois.»

Avec peut-être moins d'emphase mais beaucoup de conviction, d'autres sont venus dire à quel point la forte personnalité de Gilbert Duchoud les avait impressionnés. Direct et sans doute pas très diplomate, l'ancien patron de la BCV a été comparé à un joueur de rugby aimant la lutte et ne fuyant pas ses responsabilités. Pour Me Jean-Philippe Rochat, qui a côtoyé Gilbert Duchoud au sein du conseil d'administration d'une société, l'homme, devenu depuis l'ami, est quelqu'un d'intransigeant et parfois de cassant. «J'ai été frappé par sa rigueur et sa compétence. Il ne se crée aucun personnage. Il est comme il est. Abrupt.»

Loyauté

De Jacques Treyvaud, d'aucuns loueront aussi la parfaite droiture, le souci de l'intérêt public et une loyauté sans faille envers cette banque dans laquelle il était entré comme stagiaire et sorti, à l'heure de la retraite, comme président. Olivier Verrey, notaire de son état, n'arrive toujours pas à se faire à l'idée que le nom de cet homme, toujours si consciencieux, soit associé à des infractions pénales.

De Daniel Crausaz, celle qui partage sa vie dira le caractère agréable, la force de travail et l'intelligence. Issu d'une famille modeste - son père était facteur - celui qui a fait des études d'ingénieur-physicien à l'EPFL est un adepte de la montagne et des plaisirs simples. «Il est plutôt Evolène que Verbier», confirme un ami valaisan.

Le syndic d'une commune fribourgeoise est quant à lui venu vanter les mérites de l'ex-réviseur d'ATAG. Après avoir été mis au ban de la profession par la Commission fédérale des banques, ce dernier s'est reconverti comme boursier communal. A l'entière satisfaction de son employeur. Ce dernier dépeint «un homme modeste, toujours souriant, discret et sérieux».

La personnalité de son supérieur de l'époque, le patron d'ATAG romandie, restera mystérieuse. Pas de témoin pour évoquer ses qualités. Jean-Pierre Schrepfer, l'homme du contrôle financier, a aussi fait le choix de la discrétion. Tous six reviendront sous les feux des projecteurs la semaine prochaine avec le début des plaidoiries.