Sous les verrous depuis la fin de 2002, tous les braqueurs du Casino du Jura, le 28 novembre 2002, ont été reconnus coupables de brigandage qualifié par la Cour criminelle du Jura, jeudi, à l'exception d'un prévenu guetteur, condamné pour complicité. Les juges professionnels n'ont pas tenu compte des dénégations de trois accusés – les «Zurichois», tels qu'ils ont été appelés durant le procès – et ont infligé des peines comprises entre 2 et 10 ans de réclusion (le procureur avait requis entre 5 et 10 ans et demi), marquant une nette différence entre les quatre malfrats qui ont tabassé et tiré sur le croupier pour dérober le contenu du coffre (173 000 francs) et ceux qui, bien que coauteurs du délit, n'ont eu que des rôles de guet ou de diversion.

«Un professionnel dangereux»

Ainsi, la Jurassienne bernoise qui a mis son appartement à disposition pour planifier le casse, n'est-elle condamnée qu'à deux ans et demi de réclusion, alors que le procureur réclamait six ans. La justice a tenu compte de son jeune âge (20 ans à l'époque des faits), de sa collaboration durant l'enquête et de son repentir.

A l'inverse, la Cour s'est montrée impitoyable envers les agresseurs du croupier qui ont mis sa vie en danger: elle a prononcé une peine de 10 ans envers le ressortissant d'ex-Yougoslavie, établi en Argovie, qui a tiré une balle dans la jambe de l'employé du casino.

L'homme de 24 ans, qui nie malgré des preuves matérielles et l'identification formelle des autres malfrats, sera ensuite expulsé du territoire suisse. «Un professionnel dangereux qui a agi avec cruauté, sang-froid et absence totale de scrupule», fustige le président Gérard Piquerez. Son comparse alémanique, lui aussi originaire d'ex-Yougoslavie mais naturalisé et caporal à l'armée, reconnu coupable d'avoir asséné des coups violents et cruels au croupier – il nie aussi –, écope de son côté de 9 ans de réclusion.

Durant la lecture du jugement les principaux accusés, qui s'étaient déjà signalés par leur arrogance durant le procès, n'ont cessé de secouer la tête, de se parler et d'échanger des sourires.