Même si le milieu de la nuit est riche en histoires, ceux qui le tiennent se montrent peu loquaces lorsqu'ils se retrouvent devant les juges. Le patron de deux cabarets a comparu vendredi devant le Tribunal de police de Genève. Il conteste la sanction qui lui a été infligée pour avoir logé quatre danseuses dans des conditions peu agréables.

Le propriétaire de ces établissements est bien connu dans le monde noctambule genevois. Il a été dénoncé à la suite d'un contrôle de police et d'une plainte de l'Office cantonal de l'emploi. En mai, il a été condamné par le Parquet à une amende de 1500 francs pour infractions à la loi fédérale sur le séjour et l'établissement des étrangers. Cet homme de 56 ans s'est simplement déclaré victime d'une «vengeance» de la part des danseuses, parce que celles-ci n'avaient pas obtenu le renouvellement de leur contrat.

D'après les exigences légales, les artistes de cabaret doivent bénéficier d'un logement «convenable», qui «corresponde aux normes valables pour les Suisses et au marché immobilier local». Or les Ukrainiennes engagées disposaient d'un appartement de deux chambres de 18 m2, qu'elles se partageaient à quatre, dans un hôtel-résidence.

Selon l'ordonnance, le logement ne comprenait que trois lits et les danseuses ne disposaient pas chacune d'une couche individuelle. Parmi la vaisselle à disposition ne se trouvaient qu'une petite casserole, deux verres, trois assiettes et… un rouleau à pâte. La télévision ne fonctionnait pas et l'armoire était cassée, tandis que sol, murs et plafond étaient en mauvais état. Sur un salaire mensuel brut de 4511 francs, le patron retenait cependant 1300 francs à chacune des quatre artistes pour l'hébergement.

Le patron parle, lui, d'une retenue de 1000 francs, ramenée par la suite à 650 francs par mois. Il conteste également avoir employé sa femme – arrivée comme danseuse en 1998 – en tant que gérante d'un des cabarets. Son avocat estime qu'il n'y a donc eu aucune infraction. La décision du tribunal sera rendue ultérieurement.