«Il y a eu des avancées, mais je ne vous cache pas la difficulté, la situation est difficile entre les autorités suisses et libyennes», a déclaré M. Moratinos, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne. «Il existe une volonté des deux parties de trouver une solution définitive à ce contentieux», a ajouté M. Moratinos devant la presse, en marge de pourparlers entre la ministre suisse des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey et son homologue libyen Moussa Koussa qui se poursuivaient.

La crise diplomatique entre les deux pays, provoquée par l’arrestation à Genève en juillet 2008 d’Hannibal Kadhafi, un des fils du dirigeant libyen, est en train de dégénérer en litige entre Tripoli et les pays de l’espace Schengen en raison de restrictions réciproques dans la délivrance de visas.

A la demande de la Suisse, engagée dans un bras de fer avec la Libye, où sont retenus deux hommes d’affaires suisses depuis juillet 2008, 270 demandes de visas Schengen ont été refusées l’année dernière à des Libyens sur 30’000 présentées, ont indiqué mercredi les autorités helvétiques.

Tripoli a répliqué en annonçant le week-end dernier sa décision d’arrêter «l’octroi de visas d’entrée à tous les citoyens des pays européens». Cette décision a provoqué des remous parmi les 25 membres de l’espace Schengen. Le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini a pris la défense de la Libye lundi en accusant la Confédération de «prendre en otages tous les pays de l’espace Schengen».

La Libye en outre qualifié jeudi depuis Tripoli de «bassesse politique» une liste noire de personnalités libyennes interdites d’entrée en Suisse. Berne n’a pas confirmé l’existence de cette liste, disant qu’elle poursuivait sa «politique restrictive de visas» pour les Libyens mise en place en septembre 2009 pour protester contre le refus de Tripoli de laisser partir deux citoyens helvétiques retenus en Libye depuis juillet 2008. «Cette liste et ces restrictions doivent être levées le plus rapidement possible», a commenté M. Moratinos, au nom de la présidence tournante de l’UE.

Le chef de la diplomatie espagnole a indiqué que la ministre suisse des Affaires étrangères devait quitter Madrid mais qu’une nouvelle réunion aurait lieu dans la soirée entre les délégations libyenne et suisse.

M. Moratinos a eu dans la matinée des entretiens séparés avec les ministres suisse et libyen, prélude à une réunion à trois qu’il a quittée pour se rendre à la clôture d’une réunion des ministres européens de l’Aide au développement.

M. Koussa et Mme Calmy-Rey poursuivaient en début d’après-midi leur entretien sans lui, a expliqué M. Moratinos, ajoutant qu’il rejoindrait sans doute dans la soirée la table des négociations.