A l'issue de la votation de dimanche, le citoyen a vraiment envie de se demander qui a gagné et qui a réellement perdu. Car il faut être clair. Ce n'est pas tant sur un contenu que les Genevois ont voté que sur le symbole que représente la forteresse LDTR dans l'histoire de la défense des locataires à Genève. Dès lors, ce scrutin test augure très mal d'un éventuel déblocage de la situation. Il ne fait que polariser davantage des adversaires politiques que rien ne semble pouvoir ramener à la table de négociations. Avec un risque patent: celui d'un immobilisme intolérable alors que fait rage la plus grave pénurie de logements qu'ait connue Genève.

Preuve du durcissement du dialogue politique: la création, récente, du Comité droit des locataires. Fondé sous l'impulsion de l'Alliance de gauche, qui juge insuffisamment combatif le Rassemblement pour une politique sociale du logement, d'inspiration PDC il est vrai, ce comité promet d'instaurer un principe qu'on avait plutôt tendance jusqu'ici à appliquer à la question des frontières: celui de l'intangibilité, appliqué ici aux acquis des locataires. Une radicalisation et une attitude conservatrice sur lesquelles l'Alliance de gauche, déboussolée depuis les dernières élections cantonales genevoises, pourrait cyniquement miser pour engranger les bénéfices de la détérioration du climat social.