On prend les mêmes et on recommence. Puisque douze réunions n’ont pas suffi à mettre d’accord les représentants de la fonction publique et le Conseil d’Etat genevois, vendredi verra ressurgir pour la treizième fois le vieux débat sur les mesures structurelles voulues par l’Exécutif: l’équivalent de 5% de réduction de charges de personnel. Et ce après des mois de blocage, six jours de grève et des douzièmes provisoires faute d’accord sur le budget 2016.

Le Conseil d’Etat attend de pied ferme des propositions d’économies ou de nouvelles recettes de la part des syndicats des fonctionnaires. Des vraies, pas des fantasmatiques, comme l’a rappelé jeudi le président du Conseil d’Etat François Longchamp sur les ondes de la RTS: «Pour le moment, leurs propositions, qui émanent d’un parti d’extrême gauche, ont déjà été refusées par le peuple. Cela ne mène nulle part.»

Nulle part, cela risque bien d’être la destination finale des négociations de vendredi. Car il y a un malentendu, et celui-ci n’est pas sémantique: alors que le Conseil d’Etat attend des propositions, les syndicats, eux, viendront avec des revendications. «Oui c’est un peu cela, admet Marc Simeth, président du Cartel intersyndical du personnel de l’Etat et du secteur subventionné. On ne va pas proposer d’autres mesures, alors que nous étions prêts au sacrifice de 40 millions de francs provenant des annuités (mécanisme de progression salariale) et que le Conseil d’Etat n’a rien mis dans la balance. Dans la fonction publique, il n’y a plus d’économies à faire!»

Tout au contraire: il réclame plus de dépenses, suite à la dernière assemblée générale du personnel de l’Etat et du secteur subventionné. Celui-ci avait alors voté une résolution contenant douze demandes, dont le maintien des annuités et des 40 heures de travail hebdomadaire, la correction des baisses fiscales intervenues ces vingt dernières années et même la création d’emplois.

«On verra bien ce que le Conseil d’Etat fera de nos demandes», dit Marc Simeth. Pas grand-chose, a priori, et il le sait bien. Ce qui lui permettra de repartir au combat, une stratégie éprouvée l’hiver dernier: «Si rien ne sort de la réunion de demain, nous convoquerons une assemblée du personnel, déclare-t-il. Tout est ouvert, y compris la grève. Mais peut-être le Conseil d’Etat a-t-il la volonté de trouver avec nous une solution pour les budgets 2017 et 2018.» Sûr. Mais à quel prix?