Braquage

Les diamants de Bruxelles étaient dans un local à Genève

Un avocat genevois et un homme d’affaires d’origine valaisanne, soupçonnés d’avoir recelé le butin du spectaculaire braquage de l’aéroport de Bruxelles, ont été interpellés mardi dernier par la Brigade de répression du banditisme. Révélations

Une caverne d’Ali Baba. C’est dans un immeuble du quartier de Champel, dans un banal local, selon nos informations, que la Brigade de répression du banditisme (BRB) de la police genevoise a découvert un important butin. Quelque 100 000 francs et surtout une grande quantité de diamants provenant du spectaculaire braquage commis en février dernier sur le tarmac de l’aéroport de Bruxelles, au pied d’un avion d’Helvetic Airways.

Le propriétaire du dépôt, un homme d’affaires d’origine valaisanne actif dans l’immobilier, a été interpellé. De même qu’un avocat de la place, âgé de 54 ans, qui avait en sa possession la clé de ce dépôt très fourni. L’homme de loi était au volant de sa voiture au moment de son arrestation, précise encore une source proche de l’enquête. Ils sont prévenus de recel et d’entrave à l’action pénale.

Tout a commencé il y a deux mois. Les policiers genevois ont été informés par leurs collègues belges de la présence, dans le canton, d’un membre du grand banditisme français. Ce dernier était suspecté d’avoir trempé dans l’attaque du fourgon de transport de fonds, menée par huit hommes lourdement armés et déguisés en policiers. Les inspecteurs de la BRB ont surveillé l’intéressé et remonté ainsi la piste jusqu’à l’homme d’affaires et son local bien rempli.

Une opération de grande envergure a été menée, mardi 7 mai, conjointement avec le parquet de Bruxelles, qui a procédé à 24 interpellations et une quarantaine de perquisitions. Le suspect français, qui avait entre-temps quitté la Suisse, a été arrêté dans l’Hexagone. A Genève, la police a entendu huit personnes, dont six ont été relâchées. Celles-ci feraient partie de l’entourage proche des prévenus ou du milieu des joailliers.

Le procureur chargé de l’enquête genevoise a interrogé mercredi après-midi l’avocat et l’homme d’affaires. Ceux-ci étaient encore sous le coup d’une arrestation provisoire dans les locaux de la police. L’homme de loi a refusé de s’exprimer devant les inspecteurs et attendait l’audience devant le magistrat. Une expertise a été ordonnée pour estimer la valeur des diamants saisis dans ce local mais le Ministère public évoque déjà une «quantité très importante». A l’époque du braquage, les autorités belges avaient articulé le chiffre de 50 millions de dollars pour la totalité du butin. Les pierres, principalement des diamants bruts, provenaient d’Anvers.

Il s’agit d’un beau coup de filet et assurément de la plus grosse affaire traitée jusqu’à ce jour par la BRB. Cette jeune brigade, qui a été créée le 1er juin 2012 pour décharger la brigade criminelle, enquête sur les actes de grand banditisme, les brigandages armés, les affaires de chantage et d’extorsion ainsi que les car-jackings ou home-jackings.

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