Trois milliards de francs seront investis d’ici 2030 pour doubler le nombre de places assises entre Lausanne et Genève et augmenter les cadences sur les RER de chacun des cantons. Les autorités fédérales et cantonales ainsi que le directeur des CFF ont donné le coup d^’envoi samedi à Renens (VD) au programme Léman 2030 (voir le PDF de la brochure promotionnelle).

Après les cris de colère de la Suisse romande qui s’estimait prétéritée dans son développement ferroviaire, aujourd’hui «ce sont des hurlements de joie» qui saluent cette journée, symbole du retard rattrapé sur la Suisse alémanique, a déclaré Luc Barthassat, conseiller d’Etat genevois.

Responsable notamment des transports, le ministre s’est félicité de «la grande connivence» entre Genève et Vaud qui a permis de lancer ce projet et d’accélérer sa mise en œuvre. Léman 2030 va «ouvrir une ère nouvelle» à Genève et surtout permettre de poursuivre le développement de l’Arc lémanique, deuxième pôle économique de la Suisse.

Renouvellement du rail

A ses côtés, la conseillère d’Etat vaudoise Nuria Gorrite a fait part de son émotion au moment de célébrer un coup d’envoi «historique». D’ici 2025, «le paysage ferroviaire romand sera profondément renouvelé». Avec Léman 2030, «nous construisons notre avenir», a-t-elle lancé. Grâce à ce chantier «énorme», selon les mots du patron des CFF, Andreas Meyer, le nombre de passagers circulant entre Lausanne et Genève doublera pour atteindre 100 000 personnes par jour.

A l’horizon 2030, le nombre de passagers circulant entre Lausanne et Genève doublera, pour atteindre en effet 100 000 personnes par jour. Le programme Léman 2030, le plus grand projet ferroviaire des dix prochaines années , vise à augmenter la capacité du réseau sur cette ligne ainsi que celle des gares de Lausanne, Renens et Genève, a indiqué samedi dans un communiqué l’Office fédéral des transports (OFT).

Trois gares seront agrandies

Les gares de Lausanne, Renens et Genève seront agrandies de façon à augmenter leur capacité, à améliorer le confort et la sécurité des voyageurs et à permettre la circulation de trains plus longs. Durant les travaux, l’objectif premier des CFF sera de maintenir l’offre et la ponctualité actuelles, et de réduire autant que possible les nuisances pour la clientèle et les riverains.

Les premiers travaux ont débuté à Renens, juste à côté de Lausanne. Il s’agit du renouvellement des installations de sécurité ferroviaire, de la construction d’un nouveau bâtiment de service, ainsi que des travaux préparatoires de construction d’une quatrième voie entre Renens et Lausanne.

Andreas Meyer a souligné que Léman 2030 est «le projet clé» pour le développement du rail en Suisse romande, avec un impact clairement national. La tâche de l’ex-régie fédérale sera cependant «difficile» pendant les dix années de travaux à venir.

Avec 600 trains par jour, le réseau est très chargé. Il faudra donc assurer sa stabilité, effectuer les travaux de maintenance tout en construisant les équipements nouveaux, a averti le patron des CFF. Les usagers et la population voisine des rails doivent s’attendre à des changements et à des modifications de leurs habitudes.

Convention-cadre

Pour rappel, la journée de samedi est en quelque sorte la concrétisation de la convention signée en décembre 2009 entre Vaud, Genève, les CFF et l’Office fédéral des transports (OFT). Cet accord prévoit notamment des préfinancements cantonaux pour lancer des études en vue de la modernisation de l’infrastructure ferroviaire sur les bords engorgés du Léman.