Révélée ce mardi par un collectif international de journalistes, l’opération «Rubicon» met en lumière une Suisse au double langage. D’un côté, une entreprise zougoise qui vend des systèmes de cryptage truqués permettant d’espionner une centaine d’Etats. De l’autre, des autorités qui se font les championnes de la neutralité et des bons offices, notamment entre les Etats-Unis et l’Iran. Face au scandale, l’ensemble des partis suisses demande des clarifications, voire une commission d’enquête parlementaire.

Beaucoup d’interrogations demeurent: que savaient les conseillers fédéraux de l’époque? Ancien ministre de la Défense, Kaspar Villiger est mentionné dans un document de la CIA, mais il dément. L’analyse de Dick Marty, ancien procureur tessinois, conseiller d’Etat, sénateur et enquêteur du Conseil de l’Europe sur les prisons secrètes de la CIA.