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Le conseiller aux Etats neuchâtelois Didier Berberat.
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Neuchâtel

Didier Berberat, un soutien de raison à l’hôpital cantonal

Le conseiller aux Etats socialiste chaux-de-fonnier se range parmi les partisans de la centralisation hospitalière prônée par le Conseil d’Etat. Il rejette l’initiative des Montagnes pour deux hôpitaux autonomes

Le conseiller d’Etat socialiste Laurent Kurth n’est pas le seul élu chaux-de-fonnier à soutenir la réorganisation hospitalière neuchâteloise, qui prévoit de concentrer les soins aigus à Neuchâtel et de construire un centre de réadaptation à La Chaux-de-Fonds. Il peut s’appuyer sur une voix politique qui porte, celle du conseiller aux Etats socialiste Didier Berberat, qui s’est confié au Temps.

Nostalgique, mais réaliste

«Je suis, comme beaucoup, nostalgique de l’époque dorée où nous pouvions avoir, dans notre canton, plusieurs hôpitaux de soins aigus. Les temps ont changé, la médecine s’est spécialisée, les règles imposées par le droit fédéral permettent la mobilité des patients, prévoient des forfaits financiers par cas, des certifications et des masses critiques pour recruter les médecins. On peut ne pas être d’accord, mais ces règles sont en vigueur. Au vu de ce contexte, la seule solution viable pour notre canton, c’est la réorganisation proposée par le Conseil d’Etat.»

Lire aussi: La centralisation hospitalière à Neuchâtel, pour éviter un cercle vicieux

Le discours de Didier Berberat, 60 ans, ne passera pas inaperçu. Il n’y a pas plus chaux-de-fonnier que lui. Il y a toujours vécu. Il fut chancelier de la ville de 1988 à 2000, puis conseiller communal professionnel jusqu’en 2010, conseiller national de 1995 à 2009, conseiller aux Etats depuis lors. Il jouit d’une forte crédibilité non seulement dans le Haut, mais dans l’ensemble du canton. Il a, de loin, obtenu le meilleur score lors des dernières élections fédérales de 2015, avec près de 2000 voix d’avance sur l’autre sénateur neuchâtelois réélu, Raphaël Comte.

Didier Berberat ne peut ainsi pas suivre les partisans de l’initiative, opposés au projet gouvernemental, qui veut deux hôpitaux autonomes dans le canton. «Je veux un système de santé efficace et public, qui réponde aux besoins de toute la population du canton.»

Des promesses à tenir

Contrairement aux initiants, le conseiller aux Etats donne du crédit au projet de CTR à la Chaux-de-Fonds. Un nouvel hôpital devisé à 170 millions, avec plus de 200 lits, doublé d’une policlinique «où on ne fera pas que de la bobologie. Si le contre-projet du Conseil d’Etat passe la rampe le 12 février, je me battrai avec la dernière énergie pour que ce CTR soit réalisé. L’histoire nous rappelle que des promesses hospitalières n’ont malheureusement pas été tenues.»

S’il déplore certaines tournures prises par la campagne, par exemple la notion de «gouffre à un demi-milliard» brandie par les adversaires du projet gouvernemental – «c’est la même formule populiste qui a coulé le Transrun en 2012», regrette-t-il – ou les attaques envers le ministre Laurent Kurth, taxé de traître à sa région – «Ma prise de position ne fait pas de moi un traître, j’ai toujours défendu les Montagnes» –, Didier Berberat éprouve de la compréhension pour ceux qui déplorent le glissement répété d’infrastructures et de prestations du Haut vers le Littoral.

Lire aussi: La Chaux-de-Fonds se mobilise pour sauver son hôpital de soins aigus

«Sans compter l’immense gâchis hospitalier depuis près de dix ans, ajoute-t-il. Des médecins de l’hôpital de La Chaux-de-Fonds ont été victimes de mobbing, n’ont pas été écoutés et ont finalement jeté l’éponge. Nous aurions pu arriver au résultat défendu par le Conseil d’Etat, d’ailleurs prévu dans les 17 options soumises au peuple en 2013, par un autre chemin, moins conflictuel.» Il note aussi que les réorganisations hospitalières divisent dans tous les cantons.

Les causes du malaise

Didier Berberat insiste sur le malaise qui plombe le moral de La Chaux-de-Fonds. S’il constate que l’opposition Haut-Bas remonte à la nuit des temps, il situe l’amplification du fossé en 1990. Les Montagnes s’étaient rangées derrière la Ville de Neuchâtel pour faire acte de candidature à l’hébergement de l’Office fédéral de la statistique. Elles escomptaient en retour une décentralisation interne au canton. Mais en 1990, une votation cantonale enterrait un projet qui devait redistribuer 46 millions. «Le même jour, les Montagnes soutenaient le crédit de 48 millions pour la faculté des sciences de l’Université, en Ville de Neuchâtel.» Depuis lors, on compte ce que le Haut a perdu: l’école d’ingénieurs et la maternité sont les plus emblématiques.

Lire aussi: Dans les Montagnes, un sentiment d’abandon

«On ressent encore plus de désarroi quand on voit que des avocats du Bas lancent le référendum contre le projet de nouvel hôtel judiciaire prévu à La Chaux-de-Fonds. C’est très choquant. Contrairement aux logiques externes qui nous obligent à recentrer hôpitaux et hautes écoles, il nous appartient d’installer la justice où nous le voulons. Si la réorganisation hospitalière que je soutiens passe la rampe et que l’hôtel judiciaire est rejeté en votation, il faut craindre une forme de guerre interne au canton.»

Unité cantonale et équilibres régionaux

Didier Berberat ne la veut pas. Il appelle au contraire, dès le 13 février, les autorités locales et cantonales à oeuvrer de concert pour mettre en place le concept hospitalier que le peuple aura retenu. «Si le projet cantonal est adopté, il y a un gros investissement pour les Montagnes, tout de même.» Et, plus largement, il presse les pouvoirs locaux et cantonaux à davantage dialoguer, plutôt que d’entretenir de trop fréquents conflits.

Didier Berberat soutient l’actuel gouvernement et son concept «un canton, un espace». «Mais l’unité et la cohérence cantonales passent aussi par l’équilibre entre les régions et par des moyens de transport performants, publics et privés.»

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