Avec la France, les angles se sont arrondis depuis l’arrivée de François Hollande. Mais les problèmes – fiscalité, entraide administrative, secret bancaire – restent les mêmes, s’ils ne se sont pas aggravés. C’est donc dans un climat plus apaisé, mais aussi avec une masse de conflits potentiels plus lourde, que Didier Burkhalter se rend à Paris ce jeudi pour rencontrer son homologue Laurent Fabius. Auparavant, il verra le ministre délégué aux Affaires européennes, Bernard Cazeneuve, pour évoquer les relations institutionnelles de la Suisse avec l’UE.

Resserrer les contacts, établir un dialogue politique permanent avec nos voisins, c’est la stratégie de Didier Burkhalter pour faire avancer le dossier des relations suisses avec l’UE. Pour défendre ses intérêts directs, pour appuyer ses initiatives, la Suisse a aussi besoin d’alliés proches.

Visite en forme de test

Après les propos peu appréciés de Nicolas Sarkozy sur le «paradis fiscal suisse», Didier Burkhalter espère arriver à institutionnaliser un dialogue politique avec la France qui n’a jamais été développé comme il l’a été avec l’Italie ou l’Allemagne et l’Autriche. Les affaires étrangères suisses ont toujours un peu souffert de la superbe ignorance française. La visite sera ainsi l’occasion de vérifier l’accueil réservé à la Suisse, à l’invitation du président François Hollande.

Cela dit, sur les questions fiscales et le secret bancaire, les discussions risquent d’être plus râpeuses qu’avec le gouvernement précédent. L’administration fiscale française se plaint vivement du peu d’empressement des Suisses à répondre aux demandes d’entraide administrative. Les cantons suisses, eux, ont pris pour une attaque directe le projet de convention sur l’imposition des successions qui les privera d’importantes rentrées fiscales. Et le rapport du Sénat français sur «la complicité des banques suisses dans la fraude fiscale» a été très mal ressenti ici. Du côté français, on aimerait bien développer une «diplomatie fiscale» qui évite que les frictions administratives ne se transforment en série de crises .