Elu mercredi au Conseil fédéral, le socialiste fribourgeois Alain Berset dirigera le Département fédéral de l’intérieur (DFI). Didier Burkhalter (PLR/NE) a préféré passer de l’Intérieur aux Affaires étrangères (DFAE).

Les sept membres du gouvernement ont tenu leur séance à la mi-journée. Les autres départements demeurent sans changement. La nouvelle satisfait le PS, les partis libéral-radical (PLR) et démocrate-chrétien (PDC), mais pas l’UDC.

Alain Berset contre les socialistes

Ni Alain Berset ni Didier Burkhalter ne souhaitent s’exprimer directement. Mais Didier Burkhalter a souhaité changer de dicastère «par intérêt pour les affaires étrangères, un département appelé à prendre de l’importance», selon son porte-parle Jean-Marc Crevoisier. En aucun cas la perte de la recherche et de la formation par le DFI n’a joué un rôle, a-t-il ajouté.

En héritant du Département fédéral de l’Intérieur, Alain Berset devra affronter ses camarades de parti devant les urnes. Le PS a en effet lancé un référendum contre le projet de réseau de soins intégrés (Managed Care).

Une prochaine échéance en votation populaire devrait être l’initiative pour la caisse maladie unique, un autre cheval de bataille des socialistes. Il reviendra également à Alain Berset de surveiller la mise en œuvre de la délicate réforme du financement hospitalier.

Ce sera l’occasion de trouver «des solutions plus équilibrées que lorsque Didier Burkhalter ou Pascal Couchepin» étaient en charge, estime Christian Levrat, le président du PS. Il se dit «très satisfait» de la «bonne solution» trouvée au Conseil fédéral.

Avoir un socialiste au Département fédéral de l’intérieur (DFI) permettra de faire la distinction entre réformes et démantèlement social, a indiqué vendredi Christian Levrat. Le PS se réjouit en outre d’être à nouveau aux affaires dans un département qui a une prise directe sur la vie des gens, avec des dossiers tels que les assurances maladies et l’AVS.

Neuchâtel à nouveau aux Affaires étrangères

La décision de ce matin était unanime et a été prise dans une très bonne atmosphère, a précisé André Simonazzi. Avec l’arrivée de Didier Burkhalter au DFAE, la Suisse renoue avec une longue tradition de ministre des Affaires étrangères neuchâtelois.

Max Petitpierre, Pierre Graber, Pierre Aubert et René Felber ont notamment occupé ce poste. Le dernier radical à avoir dirigé la diplomatie a été Max Petitpierre, qui a quitté ce poste fin juin 1961. Le dicastère a longtemps été en mains socialistes.

Le Département fédéral de l’intérieur a quant à lui échappé au PS lors de l’arrivée de Micheline Calmy-Rey en 2003 au Conseil fédéral. Le radical Pascal Couchepin avait alors repris le sceptre de Ruth Dreifuss.