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Didier Burkhalter espère un accord rapide avec l’Italie sur la fiscalité

En visite chez le président du Conseil italien Matteo Renzi, Didier Burkhalter a obtenu l’engagement de son hôte pour un accord fiscal portant sur le règlement du passé pour les clients de banques suisses, l’échange d’informations bancaires et l’imposition des frontaliers italiens au Tessin

A Rome, Didier Burkhalter espère un accord rapide sur la fiscalité

Diplomatie Première visite suisse chez Matteo Renzi

L’accord espérédoit porter aussisur l’impositiondes frontaliers italiens

De sa première visite de travail officielle, mardi à Rome, auprès du nouveau président du Conseil italien, Matteo Renzi, le président de la Confédération, Didier Burkhalter, est reparti avec l’espoir «d’une avancée, ces prochaines semaines» pour un accord global équilibré sur la question fiscale. Une question qui empoisonne les relations entre les deux pays depuis bientôt une décennie.

Le déplacement de Didier Burkhalter à Rome en plein mois de juillet correspond d’abord au souhait du chef de la diplomatie helvétique de nouer des relations personnelles avec les dirigeants des pays voisins.

Il avait aussi pour objectif de s’informer des intentions de l’Italie, qui préside depuis le début du mois le Conseil de l’Union européenne, sur les négociations en vue d’un accord-cadre. Un accord qui doit aussi prendre en compte la volonté des Suisses de maîtriser l’immigration, selon le président suisse.

Jusqu’à présent, l’Italie s’est toujours révélée la plus coriace envers la Suisse sur la question fiscale. Or, Matteo Renzi s’est engagé à donner des directives pour aboutir à un paquet portant sur trois points: premièrement, le règlement du passé sur les avoirs des clients italiens de banques suisses. Ensuite, l’échange d’informations bancaires et la suppression de la Suisse des listes noires. Enfin, une solution équilibrée pour l’imposition des frontaliers.

Pour la Suisse, alors que monte au Tessin la pression pour dénoncer un accord jugé trop favorable aux transfrontaliers italiens, il était essentiel de lier cette dernière question à l’ensemble du dossier fiscal. Faute de quoi, il menaçait de s’enliser face au désintérêt de Rome.

Ce n’est pas la première fois que la Suisse reçoit des signaux positifs venus d’Italie, vite démentis par les fréquents changements de gouvernement à Rome ou les résistances des ministres des Finances successifs.

Didier Burkhalter semble toutefois beaucoup miser sur le jeune premier ministre italien, qui s’est lancé dans des réformes ambitieuses pour son pays. «Nous espérons conclure rapidement», a-t-il dit. La venue en Suisse, au mois de mai, du président italien, Giorgio Napolitano, et son passage au Tessin ont quelque peu réchauffé des relations difficiles jusqu’ici. En s’engageant officiellement vers l’échange automatique d’informations dans le cadre de l’OCDE et pour une révision de sa fiscalité préférentielle envers les entreprises étrangères, la Suisse désamorce les objections de l’Italie.

Face à un dirigeant italien confronté lui aussi aux problèmes d’immigration, Didier Burkhalter a trouvé un hôte attentif à la question migratoire.

Il a ainsi défendu l’intérêt mutuel de la Suisse et de l’Italie à préserver les relations bilatérales entre la Suisse et l’UE. En 2017, l’économie italienne profitera à plein des 57 km du tunnel de base du Got­hard pour exporter ses marchandises vers le nord de l’Europe. L’Italie, dont la moitié des importations de courant électrique transite par la Suisse, a un intérêt évident à un accord sur l’électricité, a-t-il fait valoir. Pour cela, il faut parvenir à un accord-cadre réglant l’ensemble des relations entre la Suisse et l’UE. Et Didier Burkhalter n’a jamais caché son espoir d’y parvenir cette année encore, sous la présidence italienne.

Le message qu’a voulu faire parvenir le président suisse à son hôte est clair: sur ce plan-là aussi, il faut un accord équilibré, acceptable par la Suisse et qui comprenne un volet sur le contrôle de l’immigration. Malgré la lettre de la haute représentante Catherine Ashton confirmant le refus de l’UE de remettre en question le principe de la libre circulation, le président suisse veut croire à une solution pragmatique qui prenne en compte la volonté des Suisses exprimée le 9 février.

Avec la ministre des Affaires étrangères, Federica Mogherini, il a surtout été question de la crise ukrainienne et du rôle de l’OSCE que préside la Suisse. Didier Burkhalter a lancé un appel à un cessez-le-feu immédiat, qui permette l’accès des enquêteurs sur les lieux du crash du Boeing de Malaysia Airlines.

L’accord-cadre avec l’UE doit prendre en compte la volonté des Suisses de maîtriser l’immigration

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