Drôle de marche vers le Conseil fédéral, celle que le conseiller aux Etats Didier Burkhalter a effectuée. Le sénateur neuchâtelois – longtemps désigné comme étant le successeur naturel de Pascal Couchepin – a d’abord étalé ses hésitations dans les médias, donnant l’impression d’avancer à reculons vers l’élection. Avant de créer la surprise, en se montrant très déterminé lors de sa désignation sur le double ticket libéral-radical, aux côtés de Christian Lüscher.

La partie n’était toutefois pas gagnée d’avance. Travailleur, posé et consensuel, le conseiller aux Etats de 49 ans, au bénéfice d’une expérience à l’Exécutif de la Ville de Neuchâtel, présente également une personnalité trop lisse et trop tendre aux yeux d’une majorité d’élus. «Sans couleurs», a-t-on pu lire dans la presse alémanique. Vice-président de la Commission des Finances, spécialiste des questions militaires et des transports, très présent sur les questions touchant à la réforme du gouvernement, Didier Burkhalter a notamment promu le partenariat public-privé. Il s’est aussi fortement engagé, cette année, en faveur de l’instauration d’une alerte enlèvement en Suisse. «Rien de franchement polémique», raille un député, reprochant, à l’instar de plusieurs observateurs, au sénateur neuchâtelois de ne pas empoigner les sujets qui fâchent.

Trop en retrait, Didier Burkhalter? Malgré ses airs de premier de classe, le Neuchâtelois, très considéré au Conseil des Etats, dispose d’un poids certain sous la Coupole, où il dépose des interventions plus réfléchies que pléthoriques. Reste à savoir quel sera le programme de Didier Burkhalter en matière de santé-social, le sénateur radical ne s’étant pas montré particulièrement imaginatif sur ces questions durant la campagne.