Action concertée sur le cas de l’Erythrée

Alors que le débat politique fait rage autour du statut de réfugié ou de l’admission provisoire accordés aux requérants d’asile venus d’Erythrée, Didier Burkhalter a souhaité lundi, lors de l’ouverture de la conférence des ambassadeurs, une action concertée des principaux pays concernés.

«Il est clair que, dans des cas comme celui de l’Erythrée, nous ne pourrons provoquer un changement d’attitude du gouvernement que si nous nous coordonnons avec d’autres Etats concernés, la Norvège, les Pays-Bas et l’Allemagne.»

S’agit-il d’exercer des pressions pour modifier l’attitude du gouvernement d’Asmara sur la question des droits de l’homme? Didier Burkhalter avait auparavant évoqué un engagement combiné de différents outils, comme le partenariat migratoire, l’aide au développement ou l’aide à la construction d’infrastructures de base, comme l’alimentation en eau. Depuis longtemps, dit-on aux Affaires étrangères, la Suisse est en contact avec différents Etats pour rechercher les causes des migrations et améliorer la situation dans les pays d’origine.

Dans son discours, le ministre semble toutefois répondre aux critiques venues notamment de l’UDC, mais aussi du PDC, qui exige que la Suisse agisse en concertation avec d’autres Etats et que le ministre des Affaires étrangères prenne le dossier en main.

Le problème, répond un spécialiste de la région, c’est que le gouvernement érythréen est insensible à toute approche sur ce thème. Ce que confirmait l’ambassadeur extraordinaire sur les questions migratoires Eduard Gnesa dans une interview à la presse alémanique, au début du mois: «Nous aimerions bien entamer un dialogue sur la question migratoire, mais ce qui manque, ce sont des garanties de la part de l’Erythrée. On ne peut pas conclure un accord de réadmission si l’on ne sait pas ce qui se passera avec les gens que l’on renvoie.»

Or, selon un récent rapport de l’ONU, la situation en Erythrée serait désastreuse, avec une violation systématique des droits humains. Revenir avec l’aide au développement, qui a quitté le pays en 2006 parce que la coopération était devenue impossible, paraît utopique.

A fin juillet, quelque 14 000 ressortissants érythréens se trouvaient dans le processus d’asile en Suisse, dont 5000 admis provisoirement. En 2014, une protection a été accordée à environ 85% des requérants érythréens. Cette tendance persiste. Rien qu’en juillet, 2100 Erythréens, sur 3800 demandeurs d’asile, ont été accueillis en Suisse.