4 mars

Didier Castella: «Il est temps de donner sa véritable place au canton de Fribourg»

Le député PLR portera les chances de la droite de reprendre un siège à la gauche

Pour lancer sa campagne électorale, Didier Castella a organisé, le samedi 13 janvier, une fête au pied du Moléson où, reprenant une tradition alsacienne, il a brûlé quelques sapins de Noël. Le slogan de l’événement censé prolonger l’esprit de la période des Fêtes: «Allumez le feu», emprunté au rocker Johnny Hallyday. Certains mauvais esprits ont vu dans la crémation d’arbres un geste d’un goût douteux, lorsque l’on sait que le PLR gruérien convoite le siège écologiste du Conseil d’Etat.

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L’intéressé rétorque avoir juste voulu marquer le coup au travers d’un rendez-vous populaire et sympathique. La proximité, c’est la marque de fabrique du politicien, avec laquelle, président du PLR entre 2012 et 2017, il releva son parti: «Avant, les libéraux-radicaux ne sortaient jamais dans la rue, n’allaient pas à la rencontre de la population.»

Peu connu hors des frontières fribourgeoises, Didier Castella n’en est pas moins un poids lourd de la politique cantonale. Député depuis onze ans, artisan de l’Entente bourgeoise, il a également été pendant une dizaine d’années vice-syndic de la commune de Gruyères. Il compte de nombreux mandats, dans des domaines très différents, de la présidence de la Fête cantonale de lutte 2018 à celle du Sénat de l’Université de Fribourg.

Formation scientifique

L’homme a une formation scientifique. Docteur en physique, il travaille au secrétariat général du Département fédéral de la défense (DDPS), où il est responsable du système de management environnemental. Pour faire simple, le Fribourgeois définit et met en œuvre des mesures afin de réduire l’impact des activités de l’armée sur le territoire et la nature.

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Sa candidature au Conseil d’Etat est une évidence pour ce père de trois filles de 48 ans. Il a depuis longtemps manifesté un intérêt pour le poste, mais n’avait pas souhaité se porter candidat tant qu’il était président de son parti. Aujourd’hui, après avoir remis ce mandat en avril 2017, il se sent libre. La complémentaire, qui fait suite à la démission de Marie Garnier, lui donne l’occasion de tenter sa chance plus vite que prévu. Contre toute attente, les divisions de la gauche le placent même dans la peau du favori, alors qu’il ne semblait pas détenir toutes les cartes en main. Il est homme de droite pour le siège d’une femme de gauche. Surtout, il est Gruérien, une région déjà représentée par deux conseillers d’Etat.

A un mois du premier tour, Didier Castella croit plus que jamais en ses chances: «Une élection complémentaire est avant tout un choix de personnalités.» Lui met en avant son pragmatisme, mais surtout son profil de «locomotive», afin de «donner à Fribourg sa véritable place de canton pont à mi-chemin entre l’Arc lémanique et la région bernoise». Il espère aussi rééquilibrer un gouvernement qui ne l’est plus à ses yeux «avec trois représentants de la gauche, trois PDC centristes et un seul conseiller d’Etat de droite». Sa volonté de se présenter a été renforcée par l’épreuve que le Fribourgeois a traversée il y a un peu plus d’une année.

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Miraculé

Le 23 juillet 2016, Didier Castella est victime d’un terrible accident de quad, alors qu’il passe des vacances en famille dans l’ouest du Canada. Ses jambes sont brisées sous le poids de la machine de 400 kilos. Le bassin et les côtes sont également touchés, pour un total de dix-huit fractures. Il passe plusieurs mois en chaise roulante, coordonne en partie à distance la campagne des élections cantonales de 2016 depuis un centre de rééducation. Il se dit à Fribourg que l’adversité a assagi un politicien qui était par trop impulsif. «Je ne dirais pas cela, nuance l’intéressé. Je suis toujours un fonceur. Mais il est vrai que de se retrouver ainsi diminué m’a appris une certaine humilité, ainsi que l’importance de savoir déléguer et de faire confiance aux autres.»

Lui qui aime se retirer en montagne, enfourchant un VTT ou à peau de phoque selon la saison, est donc plus que jamais prêt à s’engager dans la bataille électorale, à «allumez le feu».

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