Les promesses de dons en faveur des victimes du séisme en Haïti atteignaient à 17 heures près de 11 millions de francs. Un chiffre deux fois plus élevé qu’espéré, en raison de la forte mobilisation des donateurs depuis une semaine.

Au sein de la Chaîne du Bonheur, on se félicite de ces excellents résultats, même si l’on est encore très loin de l’élan de générosité pour les victimes du tsunami de 2004 en Asie, où 227 millions de francs avaient été récoltés. Un succès qui s’expliquait par «la bonne capacité de la Chaîne du Bonheur à travailler avec les ONG partenaires sur place», explique Catherine Baud-Lavigne, responsable des relations extérieures au sein de l’organisation de collecte.

«Nous travaillons toujours de la même manière. La priorité est’abord d’engager des fonds pour les besoins des ONG sur place», ajoute la responsable. Pour l’heure, 16 organisations partenaires de la Chaîne du Bonheur sont actuellement déployées à Port-au-Prince: elles étaient deux fois plus nombreuses en Indonésie lors du tsunami.

Ce sont les ONG qui déterminent les besoins financiers pour parer au plus urgent. «10% à 15% du total des fonds récoltés sont affectés uniquement à l’aide d’urgence.» Le restant de la somme sera quant à lui débloqué pour les projets à moyen et long termes. Une somme généralement «deux à trois fois plus importante que notre objectif premier», commente Catherine Baud-Lavigne.

Dans un deuxième temps, «les ONG doivent nous soumettre leurs projets à long terme, ainsi qu’un budget détaillé», explique la responsable. Des projets qui seront ensuite financés à 80% par la Chaîne du Bonheur pour la phase de reconstruction, qui s’échelonnera sur 5 ans.

Mais ce type de financement de projets pose aussi des problèmes: «L’identification des besoins et la coordination des actions sur place sont parfois difficiles. Il est indispensable que les ONG travaillent avec les autorités gouvernementales, ne serait-ce que pour obtenir les autorisations de construire nécessaires.»

Difficile en Haïti, où le pouvoir politique a pratiquement disparu. Un problème supplémentaire, en plus des destructions consécutives au séisme et des difficultés des ONG à se déployer efficacement pour permettre l’acheminement de l’aide. «Mais la plupart des organisations humanitaires sont présentes en Haïti depuis de nombreuses années. Ce qui permet de réduire considérablement les problèmes logistiques.»

Un constat partagé par Pierre Zwahlen, porte-parole de Terre des Hommes aide à l’enfance et partenaire de la Chaîne du Bonheur, dont l’organisation est active en Haïti depuis plusieurs décennies. «Nous sommes partis pour de longues années de reconstruction. Cela ne va pas être évident. Il est toujours difficile de travailler avec les autorités haïtiennes et les ONG sur place», tout en veillant à la bonne traçabilité des fonds. «Il faut éviter à tout prix l’accaparement des richesses.»