Très critiqué, Johann Schneider-Ammann peut néanmoins compter sur l’appui de l’Union suisse des arts et métiers (USAM). Son directeur, Hans-Ulrich Bigler, a ouvertement défendu vendredi la candidature de Roman Boutellier au poste de secrétaire d’Etat à l’Education et à la Recherche. «C’est un bon casting», a-t-il déclaré.

L’USAM, glisse un connaisseur du dossier, craint par-dessus tout que le futur responsable de la formation et de la recherche soit un pur académicien. Roman Boutellier dispose, lui, de la double culture académique et industrielle: il est vice-président et professeur au Poly de Zurich et a plusieurs mandats dans l’économie privée. «Pour ce poste, il faut disposer d’une capacité de pensée stratégique, de qualités de manager et être indépendant des offices fédéraux existants», argumente l’USAM.

Or, c’est parce que l’un de ces mandats est la présidence du groupe Ammann et parce que le secrétaire d’Etat devra jouer le rôle d’arbitre entre les EPF de Zurich et de Lausanne que sa carte de visite pose problème. Le conseiller fédéral n’a pas su juger ces risques de manière appropriée. C’est d’autant plus étonnant que le chef du projet de fusion du Secrétariat d’Etat à la recherche et de l’Office fédéral de la formation professionnelle, Hans Werder, un fin stratège politique qui a longtemps servi Moritz Leuenberger, semble avoir été associé au choix de Roman Boutellier.

Pas un deuxième choix

Johann Schneider-Ammann pourra-t-il maintenir sa proposition? A Berne, beaucoup en doutent. Mais il lui est tout aussi difficile de dénicher un candidat de substitution. Il est par exemple très problématique de s’adresser à l’une des quatre autres personnes qui figuraient sur la «liste courte» finale aux côtés de Roman Boutellier, car ce serait une sorte de second choix.

En revanche, un nom revient souvent depuis le couac de mercredi: celui de la conseillère d’Etat Isabelle Chassot, présidente de la Conférence des directeurs cantonaux de l’instruction publique. Elle ne figurait pas sur la liste restreinte. Et pour cause: selon nos informations, c’est-elle même qui a renoncé à faire acte de candidature pour ce poste qu’elle considère comme plus administratif que politique.

Contrairement à d’autres, elle ne serait pas considérée comme un deuxième choix. Johann Schneider-Ammann pourrait mettre cet argument en avant pour la solliciter. La démocrate-chrétienne fribourgeoise répond en tout cas aux critères avancés par le président du PS, Christian Levrat: capacité d’assurer l’équilibre entre les cantons, les universités et la Confédération, représentation des intérêts de la Suisse à l’étranger avec le rang de ministre de l’Education.