Élections

Ce dimanche, l’enjeu nucléaire pourrait brouiller les élections à Neuchâtel

Aux commandes du chef-lieu neuchâtelois depuis 1992, la gauche s’appuie sur son bilan qu’elle juge bon pour conserver la majorité aux élections locales, ce dimanche. Le PLR et les Vert’libéraux la lui contestent

(Cet article a été initialement publié le 21 novembre 2016).

Les élections locales ont eu lieu en fin de printemps à Neuchâtel, sauf dans les communes concernées par un projet de fusion. La Ville de Neuchâtel souhaitait se lier à ses voisines de Peseux, Corcelles-Cormondrèche et Valangin pour constituer une commune de 45 000 habitants. Si les citoyens du chef-lieu ont soutenu ce dessein à 73%, le projet a capoté en raison du refus de Peseux, à 53,7%.

Lire aussi: La dynamique des fusions communales brisée

Les élections communales dans le chef-lieu ont ainsi été retardées au 27 novembre. La campagne ne défraie guère la chronique d’une ville qui se porte globalement bien, où tout indique que le statu quo devrait l’emporter.

La majorité de gauche se renforce

Minorisée entre 1972 et 1984, la droite libérale-radicale était parvenue à reprendre les rênes de Neuchâtel, jusqu’en 1992. Mais depuis 24 ans, la gauche apparentée dicte sa ligne. Une majorité qui a plutôt eu tendance à se renforcer au fil des élections. A l’exécutif professionnel, le PS détient deux sièges, les Verts un, et le PLR deux. Au législatif local, 25 mandats pour la gauche et seulement 16 pour la droite.

L’élection à l’exécutif ne bouleversera pas l’ordre établi. Ce d’autant que les trois édiles sortants de gauche sont candidats à leur propre succession: les socialistes Olivier Arni et Thomas Facchinetti, et la Verte Christine Gaillard. L’élection se fait à la proportionnelle. C’est davantage de leurs colistiers que les sortants doivent se méfier, plutôt que d’un bouleversement partisan. Présent sur la scène locale depuis de longues années, Nicolas de Pury pourrait faire de l’ombre à Christine Gaillard.

La casserole de la crèche évacuée

Au PS, les magistrats irritent parfois et Olivier Arni traîne la casserole de l’évacuation temporaire de l’espace public d’une crèche de Noël, il y a onze mois.

Lire aussi: La crèche de Neuchâtel réapparaît, mais pas sous le sapin de la ville

Le PLR est bien seul à contester la suprématie de la gauche. Eliminé en 2012 parce qu’il n’avait pas atteint le quorum de 10% (7,7% seulement), l’UDC a disparu de l’échiquier communal. Les Vert’libéraux se lancent dans une première campagne à Neuchâtel, ils concentrent leurs forces sur l’élection du législatif. Le PLR devra ainsi se satisfaire de la confirmation de ses deux sièges à l’exécutif, l’un pour le sortant Fabio Bongiovanni, qui était entré au Conseil communal en 2013 sans y avoir été élu. Il a remplacé Alain Ribaux devenu conseiller d’Etat, sans avoir figuré sur la liste électorale de 2012, profitant du renoncement des viennent-ensuite. En trois ans, il a pris ses marques et n’a pas commis de bourde. Tout au plus pourrait-il être privé de suffrages de l’aile droite du parti, lui reprochant son engagement pour l’éligibilité des étrangers.

Le PLR doit de surcroît remplacer Pascal Sandoz qui se retire après 3 mandats. La place semble promise à l’ancienne présidente du PLR cantonal, Violaine Blétry-de Montmollin.

Lire aussi: Violaine Blétry-de Montmollin, la fille du terroir qui fait campagne en ville

Rampe de lancement pour les Vert’libéraux

Présentant une liste de personnalités reconnues emmenée par le président cantonal Mauro Moruzzi, les Vert’libéraux pimentent l’élection du Conseil général. D’aucuns se prennent à rêver d’un basculement. Les Vert’libéraux s’offrent une rampe de lancement à moins de cinq mois des élections cantonales, où ils devront défendre leurs cinq sièges de députés.

Dans une ville de Neuchâtel (33 700 habitants, moins que les près de 39 000 de 1970, mais avec 2000 âmes de plus qu’en 2000 après l’érosion de la crise horlogère) aux finances saines, qui affiche 53 millions de fortune et 40 millions de réserves, qui se targue d’une qualité de vie appréciée entre lac et contreforts forestiers jurassiens, qui s’inscrit dans le réseau suisse de la formation supérieure grâce à Microcity et ses instituts de recherche en microtechnique, seul un événement extérieur semble pouvoir perturber l’ordre établi.

En l’occurrence, l’initiative fédérale pour la sortie du nucléaire. Cet objet fera grimper la participation anémique de 29,5% de 2012. A qui profitera le surcroît de mobilisation et le débat nucléaire? En priorité aux Verts et aux Vert’libéraux. La candidate libérale-radicale Violaine Blétry-de Montmollin a bien senti l’impact de l’objet fédéral. Elle s’est distanciée de la position de son parti pour dire qu’elle soutient l’initiative.

Publicité