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Ce dimanche, les Suisses votent sur leur alimentation

Après un démarrage dans l’euphorie générale, les deux textes sur les produits alimentaires pourraient être refusés. La prise en compte des conditions pratiques de leur mise en œuvre, à commencer par les prix des denrées, aurait rafraîchi l’opinion

Si les deux initiatives alimentaires sont refusées ce dimanche, ce que pronostiquent les experts, elles auront constitué l’une des plus belles courbes de votation de ces dernières années. Dans le sens de la chute.

Le 17 août, lors de l’annonce du premier sondage de gfs.bern, l’initiative des Verts «Pour des aliments équitables» était soutenue par 78% des sondés contre 20% d’opposants et 2% d’indécis. Le texte d’Uniterre «pour la souveraineté alimentaire» était gratifié de 75% de oui contre 22% de non, et 3% de sans avis. Le 12 septembre, les deux textes avaient perdu 25% de soutiens, et gfs.bern n’hésitait pas à évoquer l’hypothèse d’un refus dans les urnes.

De tels fléchissements de l’opinion sont courants, mais dans le cas des deux textes sur l’agriculture, le mouvement s’est révélé vertigineux. Selon les analystes, passé une première sympathie pour les objectifs généraux des propositions, les arguments de leur difficile faisabilité, et surtout de leur effet sur les prix, ont pris le dessus. Les dispositifs complexes de mise en œuvre, notamment concernant les importations alimentaires, ont sans doute freiné l’acceptation des initiatives.

En attendant le grand verdict, retrouvez tous nos articles sur les défis de l’agriculture.

Un grand fossé de pommes de terre

La campagne a été marquée par une forte disparité linguistique: depuis le début des débats – et cela se vérifiera sans doute ce dimanche –, la différence entre la Suisse romande, bien plus favorable aux initiatives, et la Suisse alémanique est restée constante.

Même si le deuxième texte, celui d’Uniterre, apparaît plus exigeant et plus lourd dans ses revendications, les votants vont vraisemblablement réserver un sort identique aux deux textes. Dans les prises de température, les intentions de vote ne différaient que de 3 à 5% entre l’un et l’autre.

Vélo: plébiscite pour un texte qui n’engage à presque rien

Concernant l’encouragement du vélo, le contre-projet proposé par le Conseil fédéral et les Chambres à une initiative de Pro Vélo est assuré de faire un triomphe. Il pourrait dépasser les 70%, ce qui serait le deuxième score de cette ampleur cette année après celui du refus de «No Billag» en mars, à 72%. Il est vrai que cette proposition, pleine de bonnes intentions et de formulations potestatives, n’engage à pas grand-chose.

Un exemple de bonne pratique: A Copenhague, le culte du vélo


Retrouvez notre suivi en direct de ce dimanche de votations dès midi.

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