Dino Bellasi, l'ancien comptable de l'Etat-major général de l'armée accusé d'avoir détourné jusqu'à 8,6 millions de francs grâce à des fausses factures, a été maintenu en détention provisoire après une entrevue, lundi, avec la juge d'instruction fédérale Monique Saudan. Cette mesure, jugée exceptionnelle, s'explique par le risque de «collusion et de fuite». Egalement sous le coup de cette enquête, la femme de Dino Bellasi restera elle aussi en détention provisoire. D'autre part, à la suite de la saisie de matériel informatique, d'argent et d'objets précieux appartenant aux suspects, les chefs d'accusation (gestion déloyale, faux, abus de confiance…) ont été élargis pour couvrir aussi le blanchiment, soit le recyclage d'argent acquis frauduleusement dans des entreprises légales.

En revanche, un porte-parole a minimisé l'importance des informations auxquelles Dino Bellasi a pu avoir accès durant ses dix ans de travail à l'Etat-major général. Bien que responsable de l'organisation de cours spéciaux pour le groupe des renseignements, l'ancien comptable ignorait tout des activités des agents travaillant pour ce groupe. Il connaissait l'identité des spécialistes ou officiers de milice appelés à intervenir devant les membres du groupe des renseignements, le lieu, la date et le thème de leurs interventions, mais, officiellement, rien de plus. Pour l'instant, Dino Bellasi n'est pas soupçonné d'avoir divulgué des informations confidentielles.

Cela ne signifie pas que la pression sur le Département de la défense pour éclaircir l'affaire se relâche. Le ministre Adolf Ogi doit s'exprimer sur le cas de Dino Bellasi ce mardi devant les membres de la commission de politique de sécurité du Conseil national. Mercredi, la délégation responsable des services de renseignement entendra l'un des secrétaires généraux adjoints du département et le Conseil fédéral discutera de la question le même jour.