Après la découverte d’une pollution aux dioxines et furanes dans la région lausannoise, le canton de Neuchâtel a lancé une campagne ciblée à Milvignes et La Chaux-de-Fonds où se trouvent deux usines d’incinération. Les résultats sur l’état des sols «sont rassurants». Une investigation supplémentaire sur la production privée d’œufs sera encore conduite.

«Il n’y a aucun risque d’utilisation des sols en lien avec la pollution par des dioxines et furanes. Des mesures renforcées ne sont donc pas nécessaires. La présence de dioxines et furanes est très limitée et se trouve à proximité de l’émetteur dans les deux cas», a indiqué mercredi le canton en citant une expertise indépendante.

L’étude a ciblé les deux usines d’incinération des ordures ménagères de Milvignes et de La Chaux-de-Fonds ainsi que la cimenterie de Cornaux. Une modélisation du panache des fumées a été réalisée en fonction de la rose des vents.

Pour chaque site, une carte a été établie mettant en évidence les zones les plus impactées par les retombées des fumées. «Compte tenu du risque encouru par les enfants quant à l’ingestion de terre contenant des dioxines ou furanes, le choix des sites s’est porté de manière prioritaire sur les places de jeux, les jardins familiaux, les structures d’accueil de la petite enfance et les places de pique-nique», a précisé le canton.

A proximité de l’émetteur

La campagne de prélèvements a été effectuée sur 30 placettes de 10m sur 10m, auxquelles s’ajoutent dix points déjà analysés en 2018. Aucun des 40 échantillons ne dépasse le seuil d’investigation.

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Trois mesures en lien avec les sites d’incinération de Cottendart à Milvignes (5 ng/kg) et à La Chaux-de-Fonds (10 et 7 ng/kg) sont supérieures à la valeur indicative de 5 nanogrammes par kilo de matière sèche de sol, fixée par l’ordonnance fédérale sur les sols (OSol). «Ces valeurs sont toutefois largement en dessous de la valeur d’investigation fixée à 20 ng/kg, selon l’OSol», a ajouté le canton. De plus, la présence de dioxines se trouve à proximité de l’émetteur dans les deux cas.

Selon une enquête de la RTS dévoilée début février, 5 jardins sur les 19 analysés en Suisse romande ont révélé des échantillons problématiques, notamment à Milvignes. Pour le canton, «la découverte qu’un œuf prélevé dans un poulailler privé situé dans la commune de Milvignes contenait des teneurs trop élevées en dioxines et furanes mérite notre attention».

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Le canton va compléter les analyses que le Service de la consommation et des affaires vétérinaires (SCAV) effectue déjà. Une campagne d’analyses d’œufs en provenance de poulaillers privés situés dans la commune de Milvignes et en ville de La Chaux-de-Fonds va être réalisée.

Une nouvelle enquête sera aussi lancée dans le canton de Vaud. Cette nouvelle étude va être lancée conjointement avec les services vétérinaires et de la santé.


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