éditorial

Diplomatie estivale pour le Conseil fédéral

ÉDITORIAL. Les Européens espèrent toujours boucler le dossier de l’accord-cadre d’ici à l’automne

Les bouchées doubles avant les vacances. Le Conseil fédéral est officiellement en vacances depuis le week-end dernier, mais les contacts diplomatiques intra- et extra-européens se multiplient cette semaine. Comme s’il s’agissait de consolider les bases des relations internationales avant un second semestre qui s’annonce crispé. Ueli Maurer s’est entretenu successivement avec les chef(fe)s des deux Etats qui assurent la présidence semestrielle tournante de l’UE, celui de la Finlande et sa collègue croate. Karin Keller-Sutter est à Londres pour préparer l’après-Brexit, et pas uniquement dans les dossiers qui relèvent de son seul département, ce qui semble confirmer le rôle que beaucoup espèrent la voir jouer à l’avenir au sein d’un gouvernement trop disparate pour adopter des positions consensuelles solides.

Ignazio Cassis visite Chypre, la Grèce et la Turquie, pays d’où proviennent un nombre croissant d’exilés en raison des tensions politiques qui y règnent. Il devrait enchaîner par d’autres voyages officiels en juillet. Et Guy Parmelin parcourt l’Extrême-Orient, sautant du Japon au Vietnam pour y intensifier les échanges économiques avec la Suisse.

De tous ces déplacements, ce sont, vus d’ici, ceux qui concernent les relations avec le grand voisin européen qui retiennent le plus l’attention. La phase de crispation promet en effet de durer encore un moment, car les calendriers des deux partenaires ne sont pas identiques.

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Alors que la Suisse semble – pour l’instant – avoir réussi à contourner l’obstacle de la non-reconnaissance boursière, alors que son nom semble en passe de disparaître de la liste grise des Etats jugés peu coopératifs en matière fiscale – l’acceptation de la réforme fiscale des entreprises en mai en est la clé –, les tensions promettent de rebondir prochainement. Comme cela ressort de tous les contacts entre dirigeants suisses et européens, l’UE presse la Suisse de clore le dossier de l’accord-cadre avant les changements qui interviendront à la tête de la Commission européenne en novembre.

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Dicté par les impératifs de la démocratie directe, le calendrier suisse est différent. Pour devenir réalité, l’accord-cadre devra réussir avec succès l’épreuve des urnes. Or, il n’y a pas de majorité pour ce texte à l’heure actuelle. Hâter les processus équivaudrait à prendre le risque d’échouer et de perdre de nouveau plusieurs années avant de stabiliser les relations entre la Suisse et son grand voisin. Le travail de ce mois de juillet a notamment pour but de faire comprendre extra-muros ces exigences de politique intérieure. La présidente de la Croatie y est particulièrement attentive, car, bien involontairement, son pays fait les frais des tensions qui entourent la libre circulation des personnes.


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