Corruption

Le directeur adjoint de l’Observatoire universitaire de la sécurité à Genève est suspendu de ses fonctions

Nicolas Giannakopoulos fait l’objet d’une enquête portant sur ses sources de financement. En cause: un séminaire qu’il a organisé en octobre dernier et dédié à l’affaire 1MDB, le plus grand scandale financier de la décennie

Nicolas Giannakopoulos a été mis à pied, a appris Le Temps. Le directeur adjoint de l’Observatoire universitaire de la sécurité à Genève (OUS), également président de l’Observatoire du crime organisé (OCO), fait l’objet d’une enquête. En cause: l’origine des fonds qu’il a investis dans un séminaire portant sur l’affaire malaisienne 1MDB, considérée comme le plus grand scandale financier de la décennie.

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«Je prends très au sérieux les questions posées en marge de ce séminaire, et j’ai demandé à la personne concernée de rester en retrait le temps d’en faire un examen attentif», confirme le Prof. Frédéric Esposito, responsable hiérarchique direct de Nicolas Giannakopoulos à l’OUS.

Cette décision est la conséquence d’un article de la journaliste britannique Clare Rewcastle Brown, interrogeant le rôle du chercheur genevois dans le cadre d’une rencontre organisée par ce dernier en octobre 2016, et placée sous l’égide de l’Université de Genève, en présence d’opposants au pouvoir en place à Kuala Lumpur, ainsi que des personnes actives dans le cadre de l’enquête sur la disparition de milliards de dollars provenant de Malaisie.

Investigations de l’alma mater genevoise

La réunion, qui aurait coûté 17 000 francs – billets d’avions et hébergement compris – a été, selon les dires de Nicolas Giannakopoulos, financée par ce dernier, sans aide externe. Ce que met en doute la rédactrice en chef du blog Sarawak Report.

De quels moyens dispose l’OUS pour faire la lumière sur les agissements de son directeur adjoint? «Je me suis adressé aux services de l’Université de Genève pour m’appuyer dans cette analyse que j’espère pouvoir mener à bien rapidement», conclut le Prof Frédéric Esposito.

Soupçonné par des tiers d’être un agent du gouvernement malaisien, chargé de récolter des informations sensibles concernant l’enquête 1MDB, Nicolas Giannakopoulos s’est défendu de tout lien avec les autorités de Kuala Lumpur, via un communiqué de presse publié mardi dernier.

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