Pascal Rubin a informé, ce mercredi, le Conseil d'Etablissement de l'Hôpital Riviera-Chablais de sa décision de remettre son mandat.

«M. Rubin estime que la tournure personnalisée des discussions autour de la situation de l'HRC ne permet pas la mise en place raisonnée des conditions nécessaires à son rétablissement financier», écrit jeudi l'HRC dans un communiqué.

Le nouvel hôpital, qui a accueilli ses premiers patients en novembre dernier, se trouve dans la tourmente financière. Les cantons de Vaud et du Valais viennent de lui accorder une garantie d'emprunt de 80 millions de francs pour assurer sa viabilité à court terme.

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Déficit important

L'hôpital devrait boucler l'année 2019 sur un déficit de 17,9 millions de francs, alors que six millions étaient prévus. Des audits ont été ordonnés pour déterminer les causes de la débâcle.

Nommé à la tête de l'HRC en janvier 2014, Pascal Rubin a dirigé les opérations qui ont permis la création de ce nouvel hôpital à Rennaz, où cinq sites hospitaliers de la région ont été regroupés. Dès ses débuts, et avant même la divulgation de ses problèmes financiers, l'hôpital a fait l'objet de critiques, notamment pour des problèmes d'absentéisme et de démissions en cascade.

Les syndicats satisfaits

Les syndicats, qui avaient eux-mêmes demandé un changement de direction en début de semaine, se disent donc «satisfaits».

«C'est une bonne et sage décision compte tenu de la situation», a réagi Thierry Lambelet du syndicat Syna, interrogé. «Nous sommes toutefois un peu surpris de la rapidité de la décision», admet-il, s'exprimant aussi au nom des syndicats SSP, SCIV ainsi que de l'Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI) qui ont toujours communiqué conjointement sur ce dossier.

S'il estime que c'est "une étape symboliquement très forte», il espère néanmoins que «l'électrochoc ne s'arrête pas juste là comme un seul fusible» qui saute. La problématique ne sera pas réglée uniquement par le départ du directeur, selon Thierry Lambelet.

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