Le torchon brûle entre le directeur de l’Union suisse des arts et métiers (USAM), Hans-Ulrich Bigler, et sa section neuchâteloise (UNAM). En cause: une phrase lâchée en conférence de presse la semaine dernière. S’exprimant sur les projets routiers, Hans-Ulrich Bigler disait que «la réalisation des contournements du Locle et de La Chaux-de-Fonds n’était pas prioritaire et devait être retirée de l’arrêté sur le réseau des routes nationales». Ces deux tronçons font partie des 400 kilomètres de routes cantonales que le Conseil fédéral veut intégrer dans le réseau national. L’opération sera financée par la hausse du prix de la vignette de 40 à 100 francs. Le Conseil national se prononce en juin.

Le sang du président de l’UNAM, Jean-Claude Baudoin, n’a fait qu’un tour. «J’ai demandé qu’il se rétracte publiquement», explique-t-il. Hans-Ulrich Bigler a répondu à l’UNAM, mais celle-ci n’a pas été satisfaite de la réponse «emberlificotée» reçue, explique Jean-Claude Baudoin.

Mardi, l’UNAM a publié un communiqué très sec. Elle se dit «consternée, indignée même par les priorités de la direction de l’USAM», qui privilégie les contournements de Morges, de Zurich voire de Genève. «C’est inadmissible et d’une arrogance insupportable envers les régions périphériques. Il y a des années que nous demandons que la H20 Neuchâtel-Le Locle soit classée en route nationale. Nous intervenons publiquement car notre silence aurait été mal interprété. C’est le seul projet neuchâtelois mûr. Il est très important pour nous», souligne Jean-Claude Baudoin. «Notre rôle est de prendre en compte les intérêts de l’ensemble du pays», se défend Hans-Ulrich Bigler.

«Embêtant»

Vice-président de l’USAM, Dino Venezia qualifie cette bisbille interne d’«embêtante». «Hans-Ulrich Bigler a voulu montrer que les bouchons autour de Lausanne, Genève et Zurich étaient plus importants qu’à La Chaux-de-Fonds et au Locle. Mais c’était peut-être mal formulé. Nous allons en débattre au prochain comité, puis au congrès du 23 mai», réplique-t-il.

Or, Hans-Ulrich Bigler n’est pas le seul à penser que les évitements du Locle et de La Chaux-de-Fonds ne sont pas prioritaires. Patrick Eperon, du Centre patronal vaudois, est du même avis. «Regardez les chiffres: il y a 90 000 véhicules par jour à Morges et seulement 20 000 au Locle. Où est le rapport coûts-avantages?» s’interroge-t-il. Il rappelle que les contournements neuchâtelois représentent un investissement de 960 millions. Il déplore que les avantages de cette dépense n’aient pas été démontrés quand l’augmentation de la vignette a été mise en consultation.