confidentialité

Le directeur de Swissmem dans la tourmente

Ex-bras droit de Johann Schneider-Ammann, désormais candidat au Conseil national, Stefan Brupbacher a-t-il transmis à son futur employeur des informations indues?

Stefan Brupbacher a changé de job le 1er janvier. Jusqu’au 31 décembre, il était secrétaire général du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la rechercher (DEFR) et bras droit de Johann Schneider-Ammann. Dès cette année, il dirige Swissmem, l’association faîtière de l’industrie des machines. Sa nomination a été annoncée le 17 octobre 2018. Il est aussi candidat au Conseil national, où il espère représenter le PLR du canton de Zurich.

Le Tages-Anzeiger, qui les a obtenus en invoquant la loi sur la transparence, a publié mardi des extraits de courriels qui font peser sur lui le soupçon de violation des règles de confidentialité des séances de commission. Dans un e-mail daté du 2 novembre 2018, adressé au directeur ad interim de Swissmem, il a signalé que, lors d’une séance à venir de la Commission des affaires extérieures (CPE) du Conseil national, une proposition d’amendement déposée par l’UDC bernois Andreas Aebi serait traitée dans un dossier qui concerne les exportateurs: l’accord de libre-échange avec la Malaisie et l’Indonésie. L’agriculteur bernois souhaitait qu’aucune concession ne soit faite à l’huile de palme, comme l’avait d’ailleurs déjà demandé le Conseil des Etats. Dans son e-mail, Stefan Brupbacher a écrit: «Ce serait super si vous pouviez expliquer à l’un ou l’autre parlementaire du PDC ou de l’UDC qui vous est proche que cette proposition est désastreuse.»

Avait-il le droit de faire cela? Dans le Tages-Anzeiger, Stefan Brupbacher dément toute violation du secret de commission et nie tout «conflit d’intérêts». Mardi, le porte-parole de Swissmem, Jonas Lang, a livré au Temps une version moins catégorique: «Stefan Brupbacher n’a pris connaissance de ce reproche que le week-end dernier. Il est en train de le clarifier.»

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