Autre casse-tête pour Eveline Widmer-Schlumpf: lors de ses entretiens à Bruxelles aujourd'hui, la cheffe du Département fédéral de justice et police évoquera à coup sûr l'adoption par les 27, le 22 mai, du projet de directive «retour». Celle-ci fixe les procédures d'expulsion des immigrés illégaux pour les pays de l'espace Schengen, dont la Suisse qui devrait l'intégrer en novembre 2008.

Longtemps bloqué en raison des divergences entre Etats membres (LT du 14 mai), le texte finalement adopté impose à chaque Etat de fixer une durée maximale de rétention «qui ne peut pas dépasser six mois», avec la possibilité de l'allonger de 12 mois - soit une durée maximale de 18 mois. La Suisse avait été la seule, lors des dernières discussions, à défendre une durée de 24 mois, prévue par la loi sur les étrangers votée en 2006. Une fois cette directive votée par l'Europarlement, puis publiée au journal officiel de l'UE, la Suisse sera notifiée. Elle disposera de trente jours pour dire dans quels délais elle compte modifier sa législation.

Scepticisme des députés

En plus de la durée maximale de rétention, le texte octroie aux clandestins un délai de sept à trente jours pour décider de lui-même de retourner dans son pays. Il permet l'expulsion des mineurs non accompagnés, mais seulement après la saisie «d'organismes compétents autres que ceux chargés d'exécuter le retour». Une interdiction d'entrée sur le territoire de l'UE, en principe de cinq années maximum, pourra être décrétée. Les ressortissants d'un pays tiers en voie d'expulsion pourront disposer d'un recours gratuit, mais cela ne sera pas automatique, conformément aux vœux de l'Allemagne, de l'Autriche et de la Grèce notamment.

Cet ensemble législatif est toutefois encore loin d'être bouclé. La présidence slovène de l'UE espère un accord au Parlement en une seule lecture le 4 juin. Mais au vu des divisions gauche-droite sur le sujet, beaucoup d'eurodéputés s'avouent très sceptiques.